mercredi 25 janvier 2012

Consultation avec Marie-Josée Berger : plus de questions que de réponses

par Marc-André LeBlanc

La communauté universitaire était au rendez-vous et les questions étaient nombreuses envers Marie-Josée Berger, candidate au poste du recteur et vice-chancelier. Pour ce qui en est des réponses, plusieurs personnes présentes semblent être restées sur leur faim.

L’actuelle doyenne de la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa s’est présentée devant une salle multifonctionnelle pratiquement pleine d’étudiants, de professeurs et de membres de la communauté. C’est dans ce contexte que la candidate a tout d’abord livré un discours d’ouverture, pour ensuite répondre aux questions des gens présents.

« La question existentielle pour la prochaine rectrice ou le prochain recteur est de savoir comment maintenir une communauté universitaire viable financièrement et qui continuera à être un capital humain pour la province et les différentes régions du Canada », a affirmé Berger dans son discours d’ouverture.

En répondant aux diverses questions, Marie-Josée Berger a souvent fait allusion à l’Université d’Ottawa comme exemple. Celle-ci a d’ailleurs fait le bilan de son passage à la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa où elle a choisi de ne pas renouveler son contrat pour un troisième mandat.

« J’ai toujours eu des postes avec beaucoup de défis, et la personne qui va avoir le poste de doyen ou de doyenne à la faculté d’éducation, je lui laisse un joyau », soutient la doyenne en faisant allusion à ce qu’était la faculté avant son arrivée et où elle est rendue maintenant.

En ce qui concerne les questions, plusieurs ont porté sur l’histoire du prix du bras de fer dont Le Front a fait état la semaine dernière. Sur ce sujet, la candidate a été évasive, prônant la confidentialité des dossiers de l’Université d’Ottawa :

« Comme vous le savez, dans toute histoire il y a deux côtés de la médaille, mais moi je ne peux pas vous raconter l’autre côté de la médaille. »

Celle-ci a d’ailleurs invité la communauté universitaire à consulter n’importe quel professeur d’Ottawa pour connaitre leur opinion à son sujet. Cela n’est quand même pas suffisant pour rassurer le président de la FÉÉCUM, Ghislain LeBlanc :

« On a posé plusieurs questions et plusieurs inquiétudes ont été soulevées. Par contre, je ne suis pas certain que les réponses qui ont été données ont éliminé nos craintes. Nos inquiétudes demeurent et c’est quand même une candidature inquiétante. »

Les commentaires de ce genre étaient partagés par de nombreux étudiants à la sortie de la rencontre. L’étudiante Karina Langis était l’une de ceux-ci :

« Je suis déçue qu’elle n’ait pas répondu aux questions des étudiants. Je pense qu’elle aurait pu s’informer plus sur la réalité du campus. »

Pour ce qui en est de Berger, elle s’est prêtée au même exercice hier devant les étudiants et le personnel du campus de Shippagan. Aujourd’hui, mercredi, elle sera au campus d’Edmundston pour la même démarche.

Le deuxième candidat, Raymond Théberge, participera lui aussi à une ronde de consultation qui débutera lundi prochain au campus de Moncton, dès midi, à la salle multifonctionnelle du centre étudiant.

Dossier du rectorat : Bernard Richard se dit serein

par Marc-André LeBlanc

Alors que l’Université de Moncton a dû être sur la défensive en 2011 à cause de l’histoire du vice-rectorat, les choses ne semblent pas avoir changé en 2012. À la suite des allégations de pire administratrice lancées sur l’une des candidates au poste de recteur la semaine dernière, ç’a été au tour de Jean-Marie Nadeau, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, d’élever des soupçons sur le fonctionnement de la haute administration de l’Université de Moncton.

Lors d’une sortie médiatique la semaine dernière, ce dernier disait soupçonner que la candidature de Bernard Richard avait été rejetée sous des fondements de partisannerie politique et non pour des raisons de compétences.

L’Université de Moncton n’a pas voulu répondre à ses allégations, mais elle a publié un communiqué où l’on peut lire que « le Comité consultatif de sélection de la rectrice et vice-chancelière, recteur et vice-chancelier rejette catégoriquement toute allégation de considérations politiques dans le cadre des délibérations entourant le processus de sélection comme allégué par Jean-Marie Nadeau, président de la SAANB ».

En ce qui concerne le principal intéressé, Bernard Richard, il se dit serein dans cette décision du comité de sélection.

« Je reconnais la difficulté d’une telle décision; je respecte leur décision et la vie continue ».

Candidat du parti Acadien, ancien député et ministre libéral, et jusqu’en mars dernier ombudsman et défenseur de la jeunesse de la province du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard réfute les allégations de partialités de la part du comité de sélection.

« Je ne sens aucunement des interventions politiques dans ce dossier. S’il y a eu des conflits entre moi et une certaine élite du parti libéral, c’est chose du passé. Je ne vois pas comment cela pourrait même affecter le processus de sélection du recteur à l’Université de Moncton. »

L’Acadien n’a pas lui-même avancé sa candidature au poste de recteur, mais a plutôt été recruté par l’agence de chercheur de cadre. Ceux-ci lui ont affirmé que même s’il ne possédait pas de diplôme du troisième cycle, son expérience et son cheminement de carrière pourraient suffire, de la même manière que cela a bénéficié à l’ancien politicien Allan Rock au poste de recteur à l’Université d’Ottawa.

« Comme je l’ai dit au comité de sélection, je ne suis pas à la recherche d’un emploi, mais si j’ai accepté de poser ma candidature, c’est par un sens de devoir envers l’Université. C’est sûr que mon estime de soi en a quand même pris un petit peu pour son rhume, mais c’est normal, c’est la nature humaine. »

Il est d’ailleurs à préciser que Bernard Richard affirme qu’il n’est pas le candidat qui se serait désisté après avoir été sélectionné par le comité de sélection.

« Comme je suis un ancien politicien, je suis très familier avec l’expression ‘on ne dit jamais jamais’. Mais d’un autre côté, je pense que compte tenu du contexte de la controverse, compte tenu de la décision initiale du comité de sélection, ce serait très difficile pour moi de revenir en arrière », conclut Bernard Richard.

Éditorial : Consultation décevante

par Marc André LaPlante, rédacteur en chef

Suite à la consultation avec la candidate au poste de rectrice de l’Université de Moncton, Marie-Josée Berger, une chose est évidente ; sa connaissance des enjeux de l’Université de Moncton n’est pas idéale.

Le tout est devenu très évident lorsqu’un étudiant a posé une question sur les droits de scolarité au Nouveau-Brunswick. Mme. Berger n’était pas vraiment au courant de la situation néo-brunswickoise et de celle des étudiants de l’Université de Moncton.

D’ailleurs, très peu des réponses de Mme Berger ont été très convaincantes. Elle n’a fait que répondre aux questions en surface, sans jamais aller en profondeur. Le résultat de l’exercice est que la communauté universitaire n’a toujours aucune idée de quoi aurait l’air l’Université de Moncton si Marie-Josée Berger était nommée rectrice.

Il est bien dommage qu’il faudra probablement attendre la nomination de l’un ou l’autre des candidats au rectorat pour réellement connaître leurs positions sur les dossiers importants de l’Université de Moncton, étant donné que les deux candidats viennent non seulement de l’externe, mais de l’extérieur des provinces de l’Atlantique.

Chez l’autre candidat, Raymond Théberge, le son de cloche risque d’être le même. Espérons toutefois qu’il pourra offrir des réponses un peu plus complètes sur les différents dossiers entourant l’Université de Moncton.

À travers tout cela, Mme Berger a tout de même fait face à la musique, dans une certaine mesure, en faisant allusion à plus d’une reprise au fameux prix « bras de fer » qui lui a été remis à l’Université d’Ottawa. Elle a cependant évité d’y répondre réellement, sous prétexte que d’y répondre serait un bris de confidentialité. Il semble qu’elle aurait tout de même pu répondre à la question un peu mieux, sans entrer dans les détails de dossiers confidentiels et sans discuter de cas particuliers.

L’absence d’un candidat de taille
Il a été très surprenant d’apprendre que la candidature de l’ancien ombudsman du Nouveau-Brunswick, Bernard Richard, n’ait même pas été retenue pour l’étape des consultations alors qu’il semble, à première vue, aussi qualifié, si non plus, que Berger et Théberge.

Il semblerait cependant que Bernard Richard n’était pas un candidat de choix, en partie parce qu’il ne possède aucun doctorat. Espérons qu’une autre raison se cache derrière cette décision, parce que se priver d’un candidat de la stature de Bernard Richard parce qu’il ne possède pas de doctorat serait franchement ridicule. Il y aurait pourtant eu amplement de place pour trois candidats à l’étape des consultations. S’il y a une personne qui aurait le potentiel de remonter la réputation plus que chancelante de cette université, c’est bien Bernard Richard. Dommage que la communauté universitaire en sera privée. Et surtout, alors que l’administration de l’Université semble vouloir empiler fiasco sur fiasco, combien de personnes compétentes cesseront de postuler pour les postes de haute direction ?

Coûts du bilinguisme : une nouvelle étude sème la discorde

par Rémi Frenette

Lundi dernier, la une du Ottawa Sun avait ceci comme titre : « C’est cher, n’est pas ? » [sic.] L’article – qui aurait dû lire « C’est cher, n’est-ce pas ? », faute que le quotidien s’est empressé de corriger l’après-midi même – s’appuyait sur une étude récente menée par l’institut Fraser. Intitulé « Official Language Policies of the Canadian Provinces : Costs and Benefits in 2006 », le rapport et sa couverture médiatique en ont fait jaser plusieurs.

Selon l’institut Fraser, puisque le bien-être culturel et identitaire des communautés linguistiques est difficile à chiffrer, il faut plutôt calculer les dépenses des gouvernements provinciaux et fédéral : financement pour l’éducation dualiste (« additional costs of francophone students », p. 86), pour la traduction des documents, pour les services bilingues, etc. En bref, il faut apparemment s’imaginer « an abolition of the language policies in New Brunswick and thus the sole use of the majority (English) language in the provision of all public services. What would happen if services governed by provincial law were not offered in French but only in English? » (p. 87)

La conclusion nous apprend que les coûts du bilinguisme canadien s’élevaient à $2.4 milliards ($85 par citoyen) en 2006-2007 lorsqu’on additionne les dépenses des niveaux fédéral et provincial. (p. 110)

Le Front s’est entretenu avec Michel Doucet, professeur de droit linguistique à l’Université de Moncton, ainsi que Jean-Marie Nadeau, chroniqueur au journal L’Étoile et président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Doucet souligne d’abord l’instabilité économique actuelle qui encourage certaines personnes à remettre en cause les dépenses reliées à la gestion des langues :

« Le rapport vient conforter l’opinion de plusieurs médias et de plusieurs personnes du côté anglophone, soit qu’effectivement, au Canada, le bilinguisme, ça coûte cher. Puis dans une période de pénurie comme celle-ci, qu’on pourrait utiliser cet argent-là pour faire autre chose. Donc, moi je ne suis pas surpris [de la couverture médiatique du rapport]. »

Il faut par ailleurs garder à l’esprit les coûts d’un pays qui serait unilingue sur le plan politique et institutionnel, affirme Doucet :

« Probablement que les revendications autonomistes seraient beaucoup plus fortes au Québec. Donc ça, ça a un coup social, politique et économique également. Au N.-B., on ne peut pas refuser ses droits à 30% de la population et croire que ce 30% ne dira rien. L’alternative serait de s’assimiler, mais je ne pense pas que 30% des gens auraient décidé du jour au lendemain de s’assimiler. Donc si le N.-B. avait continué sur une voie d’unilinguisme telle que celle qui existait dans les années 60 et précédentes, je crois qu’il y aurait eu un coût social, politique et économique énorme. »

Il se prononce aussi sur la méthodologie de l’étude, plus particulièrement sur les aspects qui n’ont pas été pris en compte dans le calcul :

« Sur le plan même du développement économique : au N.-B., on dit qu’il y a un coût mais on n’a pas regardé les bénéfices dans cette étude-là; c’est-à-dire des entreprises qui viennent s’installer ici parce qu’on a une main d’œuvre bilingue. »

Jean-Marie Nadeau estime quant à lui que les chiffres ressortis par le rapport de Fraser n’ont rien de scandaleux :

« Quand ça coûte $85 en moyenne au Canada pour se donner un contrat social, c’est pas cher. Déjà que les gouvernements ne suivent pas les décisions de la cour suprême, à savoir que l’égalité réelle exige de la part du gouvernement d’en donner plus [que ce qu’il donne actuellement]. [$85 par année,] c’est même pas deux cafés Tim Horton’s par semaine ! »

Un peu comme Michel Doucet, qui affirme que « L’Institut Fraser, on le connait depuis longtemps. C’est un institut de droite qui a souvent eu des positions controversées », Nadeau rapporte : « Déjà en partant, je ne suis pas un ami de l’institut Fraser. S’ils pouvaient, ils privatiseraient l’Assemblée législative puis le Parlement. On sait d’où ils viennent. »

Le plus navrant, selon Nadeau, ne résiderait pas au sein de l’étude elle-même, mais plutôt dans la couverture médiatique négative qui a suivi :

« Ce qui est un peu plate, c’est que les médias ont ramassé cette information-là sans aucun espace critique. Garrocher des chiffres comme ceux-là, c’est fermenter un peu l’adversité, la rébellion puis le négativisme contre le bilinguisme, contre l’égalité réelle, contre la dualité linguistique. »

Jeux de Biochimie 2012 : une année enflammée pour Moncton

par Rémi Frenette

La délégation étudiante du campus de Moncton s’est démarquée à plusieurs niveaux aux Jeux de Biochimie qui avaient lieu les 13 et 14 janvier derniers à l’Université Laval. En plus de se mériter quatre podiums des épreuves sportives, elle a terminé au deuxième rang du classement final et, surtout, elle a défendu son titre de « Party animal » pour une troisième fois en quatre ans.

Les Jeux de Biochimie sont un événement à saveur sportive, sociale et académique mettant en compétition six universités francophones, soit Laval, McGill, Moncton, Montréal, Sherbrooke et l’Université du Québec à Montréal (UQAM), réunissant ainsi près de 300 étudiants. Les cinq prix décernés sont celui de l’esprit sportif, le Pablo Picasso pour le meilleur peintre, le « Party animal », le Rosalind Franklin pout le volet académique, et le grand prix des Champions revenant à l’université ayant amassé le plus de points dans l’ensemble des épreuves. Cette année, Montréal a remporté les honneurs du prix Champions.

Ryan Richard en était à sa quatrième participation. Étudiant à la maîtrise en biochimie, co-organisateur pour l’équipe de Moncton et trésorier au sein du conseil de chimie et de biochimie, il met l’accent sur le volet sportif de la compétition :

« Les sports, c’est vraiment ça qui est les Jeux. Puis une petite partie du questionnaire durant le souper. Mais en gros, les points viennent des sports pour le trophée des Jeux. Donc dans les sports, cette année, il y avait volleyball, basketball, soccer, dodgeball, waterpolo, hockey, puis le sport mystère, une sorte de relais. »

En plus des sports, de l’épreuve académique et de la peinture, il y avait un party au célèbre club Dagobert, des jeux de groupes, un souper masqué à thématique « mascarade », ainsi que l’activité « Miss biochimie » qui incluait un numéro de talent.

Richard estime que l’édition 2012 a facilement été la meilleure dans l’histoire de la délégation de Moncton. D’après ses connaissances, Moncton n’a jamais remporté d’épreuve sportive alors que cette année, elle a écrasé UQAM au basketball, s’est rendue en finale au soccer et au dodgeball, en plus d’avoir terminé troisième au volleyball.

Si les étudiants de Moncton avaient gagné le soccer (qu’ils ont perdu deux à un en prolongation) ou marqué quelques points de plus au volleyball, Ryan estime qu’ils se seraient peut-être mérités le prix des Champions. Cet honneur, soulignons-le, n’a jamais été attribué à Moncton, qui termine habituellement au cinquième ou au sixième rang. Ce sont surtout Laval et Montréal qui excellent, ayant remporté le prix Champions respectivement quatre et cinq fois depuis 2002.

Interrogé au sujet de son moment le plus mémorable, Ryan Richard, qui se concentre exclusivement sur l’épreuve de basketball, répond avec un sourire rayonnant :

« Au basketball, quand le zéro a frappé, j’ai mis mes mains dans les airs et tout le monde s’en venait en courant vers nous. »

Les circonstances entourant cette finale étaient des plus spectaculaires puisque la foule se rangeait largement du côté de Moncton. Les délégations québécoises ont par ailleurs toujours eu un faible pour l’équipe acadienne : « Quand on va aux Jeux, tout le monde nous aime. On boit beaucoup, on a toujours du fun, on fait du bruit. »

C’est en partie ce qui explique pourquoi Moncton se voit attribuer le prix « Party animal » aussi couramment : « Les soirs, quand on est à l’hôtel, Moncton est toujours debout. D’autres universités sont plus préoccupées par les sports, je pense, mais Moncton est toujours debout. Aussi, pour le « Party animal », ce sont les délégations qui votent. Puis, comme ils nous aiment beaucoup … et ça a toujours été comme ça. »

Le trophée « Party animal » 2012 siège majestueusement dans l’édifice Rémi-Rossignol en guise de souvenir d’une année inoubliable aux Jeux de Biochimie.

Bientôt dans votre cours arrière : The Backyard Devils

par Véronique Wade Gallien

Leur aventure musicale a commencé il y a plus d’un an. En fait, l’année dernière à pareille date, la formation était en studio pour enregistrer leur tout premier album, qui est sorti quelques mois plus tard, soit le 26 mai dernier. Le groupe est composé de musiciens chevronnés et talentueux qui n’en sont pas à leur première expérience musicale.

Leurs débuts
C’est le chanteur Erik Arsenault (chant, guitare) qui, en revenant dans la région, a proposé à son frère Rémi (contrebasse) de former un groupe. Christien Belliveau (guitare) et Dillon Robicheau (banjo et mandoline) se sont greffés au groupe par la suite pour former The Backyard Devils. Leurs mélodies s’inspirent du rockabilly, du rock n’ roll, du country et du bluegrass. « Mon frère et moi avons grandi avec ces styles musicaux, et à l’époque, ce n’était pas cool d’aimer ça, » explique Erik Arsenault. Lors de son séjour dans l’ouest, il raconte qu’il s’ennuyait de la maison, et lorsqu’un de ses amis lui a fait écouter les airs de sa jeunesse, il est tombé en amour avec ce style.

Leur album est en anglais, mais la porte n’est pas fermée pour éventuellement y rajouter du français. « J’ai plus de facilité à écrire en anglais qu’en français, mais peut-être qu’un jour on pourra en intégrer dans notre playlist, » répond Erik quand on lui demande s’il prévoit composer en français. Il poursuit en disant qu’ils vont maximiser l’album présentement sur le marché et suivre la vague. Ils sont actuellement en train de travailler sur quatre nouvelles chansons. Même s’il considère que pratiquer une seule fois par semaine n’est pas suffisant, Erik lance à la blague que dans un an, ils se voient aux Grammy Awards à Hollywood. Que cela ne tienne, ils ont un plan de carrière très plausible : une tournée à travers le Canada et se produire en Europe. Gageons qu’ils feront leur place dans l’industrie et que d’ici la prochaine saison hivernale, ils auront accompli leur objectif. Preuve qu’ils sont sur la bonne voie : ils ont déjà reçu deux prix de Musique NB pour les catégories « Enregistrement de groupe » et « Découverte de l’année ». De plus, ils seront en vitrine lors de la semaine de la musique de la côte Est, orchestré par l’Association de la musique de la côte Est (AMCE), du 11 au 15 avril 2012.

En spectacle à Moncton
Le 10 février prochain, ils seront en spectacle à l’Igloo, situé au 300 Elmwood Drive à Moncton. Le public est invité à venir découvrir ce groupe d’acadiens qui promettent de livrer un spectacle énergique et entrainant.

Les Arts en bref

par Véronique Wade Gallien

Oumou Soumaré en spectacle au Café-Campus
Originaire du Mali, Oumou Soumaré est acadienne d’adoption depuis 2001. Elle sera en spectacle au Café Campus le 4 février prochain. Elle s’y produira dans le cadre de la Semaine internationale de l’Université de Moncton et les profits seront utilisés pour défrayer les frais de son nouvel album. En effet, Oumou Soumaré prévoit lancer son album dès le printemps prochain. Elle a lancé son premier disque en 1998 au Mali : « J’ai ramené ça ici et nous y avons rajouté quelques titres. » La chanteuse collabore avec le guitariste Baba Salah qui travaille aussi sur les arrangements musicaux. « C’est un ami qui habite au Mali et ce n’est pas évident de concorder les dates des spectacles et ses visites au Canada, » explique Madame Soumaré. C’est pour cette raison qu’elle sera accompagnée pour l’occasion par les musiciens Jean Surette, Denis Surette, Marc « Chops » Arsenault, Glen Deveau et René Rossignol. Elle présentera un spectacle qui fera sans aucun doute danser le public. « Les gens connaissent déjà mon style, c’est un style qui fait danser, » indique l’artiste.

Le retour des Rendez-vous de l’ONF en Acadie
Le 29 janvier prochain, le public pourra visionner le documentaire « Le 22e Régiment en Afghanistan » de Claude Guillmain, précédé du court métrage « 55 chaussettes » de Co Hodeman. Les présentations auront lieu à l’amphithéâtre du pavillon Jacqueline-Bouchard de l’Université de Moncton. Ces soirées cinéma sont gratuites. Pour obtenir la liste complète des films au programme : onf.ca/rendez-vous

L’AAAPNB a dévoilé ses finalistes pour les Éloizes 2012 le 17 janvier dernier
L’Évènement Éloize aura lieu du 2 au 6 mai prochain à Bathurst et plusieurs artistes seront à l’honneur. Le Gala des Éloizes a pour but de reconnaître le travail des artistes et de tous ceux et celles qui contribuent à l’épanouissement des arts et de la culture au Nouveau-Brunswick. Il y a quatorze catégories et plus de quarante artistes, spectacles et acteurs du monde culturel en nomination. Parmi cette longue liste, on retrouve Marie-Philippe Bergeron dans la catégorie Artiste de l’année en musique ; Mathieu Chouinard, Christian Essiambre et Marie-Pierre Valay-Nadeau dans la catégorie Artiste de l’année en théâtre. Gabriel Robichaud, quant à lui, figure dans la liste des nominés pour Découverte de l’année. On ne peut passer sous silence tout le travail qu’ont accompli les artistes s’étant le plus illustré.e.s à l’extérieur de l’Acadie : Christian Kit Goguen, Lisa LeBlanc, et Hélène Harbec.

Kevin McIntyre lance son nouvel album

par Danielle Bilodeau

Plus de trois ans après la sortie de son premier CD « Le monde est truqué », Kevin McIntyre est de retour sur la scène musicale avec « Dragon mécanique ». Dans ce nouvel album, l’artiste adopte un style un peu différent et laisse paraître la confiance qu’il a acquise au fil des dernières années.

Originaire de Charlo, au nord de la province, Kevin est issu d’une famille de musiciens et c’est de là qu’est venue sa passion pour la musique : « Je n’ai pas vraiment eu le choix d’apprendre la musique et j’en joue depuis que je suis très jeune. » Il a commencé à écrire dès son secondaire et a aussi été membre d’un groupe anglophone plus tôt en carrière.

Actuellement, en plus d’être musicien indépendant, Kevin est aussi réalisateur pour la Revue Acadienne. « Ça fait depuis qu’ils ont débuté à la télévision qu’on travaille ensemble; on se connait maintenant très bien. » Cet emploi lui a fait découvrir sa passion pour la réalisation qui n’a pas d’équivalent, sauf la musique, bien sûr.

Musicien indépendant depuis plusieurs années, Kevin réussit à balancer sa carrière, sa musique et sa famille: « C’est sûr que je ne fais pas toujours ce que je voudrais, mais il faut faire des choix et je ne regrette rien. »

L’indépendance ; ses défis et ses avantages

En tant que musicien indépendant, Kevin peut se permettre d’attendre qu’il soit parfaitement prêt avant de faire le lancement de son CD. Il explique que c’est un atout unique : « Il n’y a pas de maison de disque qui m’oblige à faire certaines choses. Ma musique est artisanale, dans le sens que la je fais moi-même, et c’est ça qu’est trippant. »

Ça fait justement plusieurs fois que le lancement du CD est remis à une date ultérieure: « Je ne voulais pas le sortir avant qu’il soit prêt, » explique Kevin. « Je suis vraiment content du CD, je savais à quoi je voulais que ça ressemble et c’est réussi. »

Une des raisons attribuées à cette sortie tardive est le fait que Kevin écrit lui-même toutes les parties des différents instruments dans chaque pièce. De plus, c’est souvent lui qui va jouer ces mêmes parties. Il choisit de faire ainsi, non uniquement parce qu’il est difficile de maintenir un groupe, mais parce qu’il aime ça. « C’est mon trip personnel », explique-t-il.

Malgré cette liberté de travail, autant dans la méthode que dans la gestion du temps, la carrière d’un musicien indépendant n’en est pas plus facile. Sans maison de disque derrière lui, Kevin n’a pas l’encadrement que certains autres artistes peuvent avoir. Quoiqu’il soit très ouvert à la possibilité de signer un jour avec une maison de disque, ce n’est pas quelque chose qui lui manque et il réussit très bien par lui-même.

C’est donc ce jeudi 26 janvier à partir de 21 h qu’aura lieu le lancement de son tout nouvel album. L’évènement aura lieu au Plan B Lounge à Moncton. À la veille de ce lancement, est-ce qu’il réfléchit déjà à un troisième album? « Je n’y avais pas pensé du tout jusqu’à ce quelqu’un m’en parle, » nous confie-t-il.

La personne en question, ayant entendu la dernière chanson de « Dragon mécanique », a recommandé que Kevin produise un CD entièrement dans le style de cette dernière pièce. L’idée d’un autre album n’est certainement pas refusée, mais il choisit d’attendre et de voir ce que le futur va lui apporter avant de se décider et de se lancer dans un autre projet.

Lille part two: l’accent

par Madeleine Arseneau

De retour pour un deuxième semestre en France. Après un départ plutôt pénible - on ne se le cachera pas, quand même - une arrivée festive de retrouvailles entre collègues, voisins et amis. Aussi, un nouveau questionnement envers la langue française ...

Mise en contexte: un classique. J’arrive mardi dernier dans une boulangerie ; premier « vrai » contact avec les français depuis mon retour («vrai » contact = je dois exposer mon accent français, qui n’est pas un accent français de France, vous comprenez ?). Et évidemment, ça me prend du temps à me réhabituer à l’accent français de là-bas, aux termes, etc. Donc, je commande et me fais comprendre, mais avec de drôles de regards, et je dois répéter et rectifier aussi.

Bon, vous vous dites: c’est normal. Mais qu’est-ce qui est normal là-dedans ? Quand on y pense, les francophones de France et les francophones d’Amérique parlent tous le français. On a tous les mêmes bases du français. On n’a pas la même histoire de la langue; c’est à dire que nous, on a gardé un parler de la langue française qui est un peu « ancien » puisque la langue française en France ne s’est fixée là-bas qu’après que nous, ici, en Acadie, au Québec et ailleurs au Canada, on s’est installés pour de bon. Donc, les différences sont normales.

Ok, les français parlent en phrases complètes. Ok, nous on a peut-être tendance à abréger et avoir des tournures de phrase « à l’américaine ». Mais pourquoi, chez nous, c’est cool d’avoir un accent particulier du français tandis qu’ici, c’est péjoratif au point où il faut complètement rectifier même si l’autre nous a bien compris ?

Vous penserez que c’est surement à cause de la structure hiérarchique de la France, et aussi parce que les minorités linguistiques ici sont très mal tolérées ; ce qui est vrai. Pourtant, je sens qu’il y a autre chose, des choses qui m’échappent et qui d’après moi, devraient être discutées entre francophones ; par exemple au Sommet de la Francophonie. Après l’avoir vécu, je pense bien que cet endroit n’exploite pas tout le potentiel qu’il pourrait y avoir entre leaders dans la Francophonie mondiale.

Peut-être y a-t-il un manque d’éducation ou de sensibilisation en France envers la francophonie mondiale ? Tiens, c’est drôle, ça me fait penser à un problème que nous avons en nos terres canadiennes, entre francophones dans le même pays ...

Je sais, je sais, vous allez me dire que je suis négative et tout ça ; que la France, c’est cool finalement. C’est vrai, je m’amuse énormément ! Surtout avec les étudiants internationaux ... Et, malheureusement, ce n’est pas le point de mon article.

Ce que je veux dire, c’est que, pour moi, l’important avec la langue française, c’est de saisir ce que l’autre veut communiquer et d’apprécier les différences. Partager et se comprendre, ce n’est pas ça, l’essentiel ? Pourquoi devoir se frustrer à trouver le terme juste ? C’est peut-être la précision, finalement, la beauté de la langue française ...

Chronique Sexe

par Josée Gallant et Stephy Rebmann

Oh oui, c’est bon !

Sein droit, fesse gauche, string, latex, menottes et on en passe… qu’est-ce que ces accessoires et ses parties du corps vous inspirent ? Rien pour la plupart d’entre vous et plein voire beaucoup trop de choses pour d’autres. Et le fétichisme, qu’est-ce que ça vous dit ? Vous en avez déjà entendu parler, vous savez ce que c’est sans vraiment y mettre une définition. Pour l’instant, un indice : lorsqu’on y réfléchit bien, nous sommes tous plus ou moins fétichistes…

Le fétichisme, qu’est-ce que c’est ?

Le fétichisme sexuel est une pratique qui consiste à rechercher une satisfaction sexuelle par le contact ou la vue d'une partie du corps, d'un objet ou d'une matière en particulier. L'objet du fétichisme peut être totalement obligatoire pour obtenir une satisfaction sexuelle, tout comme il peut être source d'excitation sans pour autant être nécessaire au plaisir procuré. D'après le Classification Internationale des Maladies, le fétichisme n'est pas considéré comme une maladie tant que la personne fétichiste ne souffre pas de son addiction. Autrefois considérée comme une dérive malsaine et condamnable, le fétichisme est aujourd’hui entré dans les mœurs … et dans les modes.

Quelques formes de fétichismes :

Il en existe de nombreuses formes. C'est-à-dire autant que d'objets, de situations qui composent notre quotidien et de personnes qui vont les développer. Il n'est donc pas possible de dresser une liste complète de toutes les pratiques et formes de fétichismes existantes. Cependant, un certain nombre d'entre-elles sont plus courantes :

- Qui n’a jamais fantasmé devant un pompier vêtu de son uniforme de travail et en plein action ? Ce fétichisme s’applique aussi bien au pompier qu’au médecin, policier et autres.
- Certaines personnes aiment l’art de l'exhibitionnisme qui consiste à montrer en public ses parties intimes. Comment font-ils ? Telle est la question !
- Il y a aussi le voyeurisme qui consiste à prendre plaisir à observer d'autres personnes nu(e)s ou dans leurs relations intimes.
- Le masochisme qui veut qu’un fétichiste prenne du plaisir dans la douleur.
- Fétichisme des matières telles que le cuir, le latex, le vinyle, le spandex, plastique la laine, etc.

Amusons-nous un peu avec les mots …

Au delà de ses formes et pratiques les plus répandues, certaines sont plus spécifiques et peuvent paraitre d'autant plus étonnantes pour les personnes qui ne les partagent pas. Là encore, la liste est loin d'être exhaustive. Elle est destinée à démontrer la variété des formes de fétichisme, en voici quelques unes :
- Acrotomophilie : Excitation sexuelle par l'idée d'avoir une relation sexuelle avec un amputé.
- Andromimetophilie : Attirance sexuelle envers des femmes qui s'habillent en hommes.
- Dacryphilie : Être excité sexuellement par les larmes de notre partenaire.
- Frotteurisme : Frotter ses organes génitaux contre quelqu'un.
- Keraunophilie : Être excité sexuellement par le tonnerre et les éclairs.
- Poinephilie : Être excité sexuellement par les punitions.
Et on en passe. Mais toi alors, quelle sorte de fétichiste est-tu ?

COURRIER DU SEXE
Chères Phyphy et Josy,

Je commence tout juste à fréquenter une fille du même baccalauréat que moi et je vous jure qu’elle est la fille parfaite à mon goût. Pour l’impressionner, je l’ai amenée au meilleur restaurant que je connais, et tout à coup, elle m’a posé LA question : « Prends-le pas mal … mais t’as couché avec combien de filles, toi ? » Vous voyez, c’est une question comme les autres, mais le problème est que mon nombre s’élève dans la trentaine. Ce nombre peut faire peur, mais un gars célibataire pendant 3 ans doit bien se satisfaire d’une façon. J’ai donc réussi à changer le sujet en lui renvoyant la balle, et c’est là qu’elle m’a répondu : « Bon, j’ai honte de le dire, mais mon nombre est 14. » Et comme par magie, elle a oublié de me le redemander, mais je me doute que ça ne tarde pas à avoir un effet boule de neige. Donc me voici avec le dilemme total. Je lui avoue la vérité, au risque qu’elle se sauve en courant? Je lui mens, puisque de toute façon c’est du passé ? Ou je lui dis tout simplement que j’aime mieux ne pas répondre, mais on sait tous que cette alternative ne fait qu’admettre mon problème.

Aidez-moi !

-Le gars au #30

Cher GA#30,

Tu vis présentement un dilemme au travers duquel plusieurs ont déjà eu à passer. Bonne nouvelle: tous ont survécu. La question qui t’a été posée est de matière personnelle et tu as certainement le choix d’y répondre ou non. Par contre, on doit s’avouer que le silence en dit parfois plus long que la vérité. Le mensonge, quant à lui, est certainement la porte de secours la plus facile à prendre, mais veux-tu réellement commencer ta relation basée sur des mensonges ?

Donc, voici notre conseil: fais un homme de toi et dis-lui ton nombre. En 2012, crois-nous, on a déjà vu pire. Dans le pire des cas, elle ne l’acceptera pas, mais dans ce cas, elle n’est pas la fille parfaite à ton goût. Cela dit, bravo. Elle est encore dans la moyenne. Il paraît qu’une fille qui a dépassé la vingtaine de gars dans son décompte ne trouvera jamais le bon. Qui sait, peut-être pourrais-tu être le bon ?

Cordialement, Phyphy et Josy
xoxo

Chronique Gaming — Lorsque le jugement du 3e œil est essentiel

par Gérard Connolly

Lorsqu’on regarde un jeu vidéo, notre œil devient, malgré nous, très critique envers la qualité de l’« œuvre ». Généralement, nos critères se limitent au degré de réalisme, à la finesse des traits (formes arrondies), à la fluidité des mouvements, ainsi qu’au choix des personnages. Il est certain que le niveau d’observation varie selon notre niveau de connaissance du contenu.

Vous serez sûrement d’avis qu’une balle de golf, par exemple, ne peut pas rebondir éternellement, ou bien qu’une créature ne peut pas perdre une quantité de sang plus grande que son volume. Bien qu’un jeu vidéo serve à divertir et à nous plonger dans un monde de fantasmes (à la limite), il se doit d’être captivant. Contrairement à ce que notre conception des jeux vidéo pourrait nous laisser croire, très peu de détails sont laissés au hasard. Afin d'augmenter le réalisme, il arrive assez fréquemment que des physiciens soient engagés pour calculer plusieurs aspects du jeu (ex. les mouvements, les forces d'impact, etc).

Si l’on pense à un générique de jeu (ou de film), il y a une liste astronomique de noms qui défilent sous nos yeux. J’aimerais vous faire passer un petit test. Terminez un jeu assez simple qui ne vous semble pas si difficile à créer et comptez les noms qui sont rattachés au domaine du graphisme et de la programmation. Ces personnes, ainsi que le reste de l’équipe, travaillent sur un projet commun (votre jeu) à temps plein pendant des années. Leur but est de vous livrer un jeu qui, dans son monde, vous semble réaliste à un certain point.

Pour le joueur moyen et le joueur occasionnel, l’apparence du personnage principal peut s’avérer cruciale quant à la qualité de l’expérience de jeu. Par contre, il n’y a pas de lien direct entre l’allure du personnage et ses capacités. En informatique, un personnage (nommé objet) reçoit ses instructions et ses attributs du programmeur. Les concepteurs graphiques, eux, s’occupent de ce à quoi il va ressembler. Puisque ces deux étapes sont complétées séparément, on pourrait avoir, par exemple, un Pokémon qui combat une armée de soldats muni d'une banane. La seule limite dans les jeux vidéo, c’est l’imagination.

Pour qu’un jeu soit accrocheur, il n’est pas nécessaire d’être réaliste au point qu’on a l’impression de regarder un film. Castle Crashers (2008), ainsi que la série Bit Trip (2010), sont d’excellents jeux qui ont un niveau de graphisme minimal, mais qui sont quand même captivants. Il est inutile d’exagérer la qualité graphique d’un jeu si la console ne peut gérer la quantité de détails, ou bien si la caméra n’arrive pas à maintenir l’accent sur le personnage principal ou l’action.

Il ne faut donc pas critiquer un jeu si certains détails futiles sont ignorés. Sur une bande-annonce, le niveau de graphisme vise le summum pour nous charmer, mais à long terme, le jeu lui même peut être lassant. Pour déceler un bon jeu, il ne faut pas se contenter que du jugement de nos yeux.

(Si vous avez un aspect des jeux vidéos dont vous voulez que je traite, envoyez-moi vos suggestions au : gerco1_@hotmail.com)

SOPA/PIPA : Un premier pas vers le contrôle d’internet ?

par Martin Savoie

Au cours des derniers jours, deux projets de loi américains ont fait beaucoup de remous, non seulement en sol américain, mais aussi dans la communauté internationale. Ces deux projets de loi sont connus sous les acronymes suivants : SOPA, signifiant « Stop Online Piracy Act » (ou loi « arrêtons le piratage en ligne ») et PIPA, « Protect Intellectial Property Act » (loi « protégeons la propriété intellectuelle »).

Ces deux projets de loi ont comme but ce que leurs noms indiquent, soit d’arrêter le trafic illégal de matériel licencié sur la toile. Toutefois, s’ils sont adoptés dans leurs formes actuelles, sans amendement, le SOPA et le PIPA donneraient le droit aux forces de l’ordre américaines de réduire l’accès à plusieurs choses (publicité ou dons via Paypal, par exemple) sur tout site web servant de source de distribution ou contenant un lien vers, par exemple, un vidéo Youtube d’une chanson licenciée. Par exemple, un site coupable de telles choses pourrait se voir couper l’accès à des publicités ou toute source de financement servant à garder le site opérationnel, être retiré des moteurs de recherche, ou même être bloqué par des distributeurs internet. Dans les cas les plus extrêmes, le propriétaire du domaine pourrait voir son site être fermé et devoir purger une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 5 ans.

De telles mesures ont vite été contestées sur la toile. Plusieurs sites web, comme par exemple Wikipédia, vu comme l’instigateur du mouvement, ont fermé leur site pour une durée de 24 heures comme moyen de protestation, soutenant qu’un tel projet de loi créerait une censure du web sans précédent. Plusieurs autres magnats de la toile, notamment Google et Facebook, ont aussi exprimé leur dédain face à ces lois, que ce soit par des manifestations visibles sur leur site web ou par des sorties publiques. De l’autre côté, les supporters des projets de loi comptent plusieurs agences de production et de distribution, que ce soit des livres, des albums, ou même des logiciels.

Plusieurs politiciens américains se sont aussi prononcés contre ces lois. C’est le cas notamment de Ron Wyden, sénateur de l’Oregon, qui a envoyé une lettre ouverte par l’entremise de son site web. Selon ses écrits, « [PIPA et SOPA] sont les premiers pas vers une nouvelle forme d’internet. Une forme où les gens qui détiennent l’argent ont une voix plus forte que ceux qui n’en ont pas. »

Et c’est dans cet esprit que plusieurs représentants en chambre, notamment Wyden, ont donné leur appui à un nouveau projet de loi, cette fois appelée l’OPEN (Online Protection ENforcement). Introduit à la chambre des communes mercredi dernier, ce projet de loi se veut une alternative plus mitigée de SOPA et PIPA, et viserait directement les sites web qui font volontairement la promotion du téléchargement illégal et de toute forme de piratage. Sous l’OPEN, les détenteurs des droits d’auteur pourraient porter plainte à la commission internationale américaine, et celle-ci ferait enquête afin de savoir si ces sites encouragent les actes illégaux de leurs utilisateurs.

En ce moment, le SOPA est remis en question et il a été déclaré qu’il ne serait pas soumis au vote avant qu’il y ait un consensus. Le PIPA, toutefois, est toujours sujet à discussions au Sénat américain et un vote devrait avoir lieu sous peu pour ce projet de loi.

Primaires américaines : Newt Gingrich brouille les cartes en Caroline du Sud

par Martin Savoie

Le troisième État à tenir ses partielles a révélé son gagnant : Newt Gingrich, ancien président de la chambre des représentants des États-Unis, a remporté les primaires de la Caroline du Sud avec 40% des voix. Cette victoire lui permet donc de rattraper son plus proche rival, Mitt Romney, qui ne le devance désormais que de 2% au nombre total de votes comptabilisés.

Cette victoire arrive de façon surprenante alors que Gingrich n’avait pu remporter l’une des trois premières positions dans les deux premiers États, soit l’Iowa (où Rick Santorum l’a emporté par 34 votes) et le New Hampshire (remporté par Romney avec 39% des voies).

La victoire de Gingrich en Caroline du Sud vient mettre du plomb dans l’aile de Romney qui était le candidat favori lors des primaires. Au cours des derniers jours précédant les partielles de la Caroline du Sud, l’ancien gouverneur de l’État du Massachussetts s’est avéré être la victime d’une controverse concernant sa déclaration de revenus. Malgré cette défaite, Romney reste toujours en tête.

Au lendemain de la victoire de Gingrich, Romney s’est engagé à publier sa déclaration de revenus, espérant ainsi démystifier la controverse entourant sa fortune.

Les prochains primaires auront lieu en Floride, le 30 janvier prochain. Le candidat qui remportera les primaires de l’État remportera aussi l’appui des 50 délégués de l’État, l’emmenant ainsi plus près des 1 144 tants convoités par les candidats. Ces primaires seront suivis, 4 jours plus tard, par les primaires républicains du Nevada.

Comment fonctionne le système américain ?
Aux États-Unis, les partis politiques élisent leur représentant aux élections en tenant des primaires dans chaque État à tour de rôle. Afin de remporter les primaires et ainsi devenir le candidat représentant son parti, un candidat à la chefferie du parti doit amasser l’appui de plus de 50% des 2 286 délégués.

Alors que dans certains États, le pourcentage lors du vote détermine quelle proportion des délégués d’un État appuiera un certain candidat, tel est le cas en Caroline du Sud, dans d’autres, le gagnant remporte l’ensemble des délégués, comme ce qui se produira en Floride le 30 janvier prochain.

Un match de fou et deux points perdus par les Wildcats

par Sébastien Beauregard

Le Titan d’Acadie-Bathurst et les Wildcats de Moncton s’affrontaient au domicile du Titan, vendredi dernier. Cette partie était très importante parce que la 9e position du classement général était en jeu. Deux points séparaient les deux formations. L’équipe de la Péninsule acadienne a remporté une rencontre sous le signe de l’offensive avec un pointage final de 7 à 4.

Le Titan a ouvert la marque, grâce au 38e but de la saison de Zach O’Brien, assisté de Sébastien Trudeau et Mario Kurali. Ensuite, O’Brien a continué sur sa lancée en marquant 3 autres buts pendant la 1re et la 2e période. Il est déjà rendu à 41 filets. Ludovic Kabambi est venu ajouter son grain de sel à la rencontre, au deuxième engagement, en marquant son 5e de la campagne. Il a été aidé de Christophe Lalancette et Alec John Blainville. Comme si s’en était pas assez pour les Cats, Christophe Losier est venu faire 6 à 0 pour Acadie-Bathurst. Par contre, grâce à une pénalité à Sean Girard du Titan, Moncton a réussi à marquer un premier but, celui de James Melindy, en avantage numérique. Ensuite, Christophe Lalonde et Allain Saulnier sont venus rétrécir l’écart dans la rencontre. Matthew Bissonnette est revenu donner une avance de 4 buts à son équipe et Devon MacAusland a fait 7 à 4, au tableau.

À noter, aussi, que plusieurs bagarres ont éclaté lors de la rencontre et quelques joueurs ont été expulsés de la partie.

Rejoint au téléphone après la partie, Danny Flynn, entraîneur en chef des Wildcats, était bien sûr déçu du résultat final. « Je pense qu’on a vraiment mal joué contre le 1er trio du Titan et ils nous ont fait mal à plusieurs reprises. Par contre, on a joué une bonne 3e période. Aussi, il faut donner du crédit à la 1re ligne de l’équipe adverse qui a vraiment bien joué. »

Les prochaines parties des Wildcats auront lieu le jeudi 26 janvier contre les Sea Dogs de Saint-Jean à Saint-Jean, le vendredi 27 janvier contre l’Armada de Blainville-Boisbriand à domicile, et le samedi 28 janvier contre le Drakkar de Baie-Comeau, à la maison.

L’Impact en MLS

par Lamrani Ahmed

Après la belle saison 2010-2011 de l’Impact de Montréal, qui s`est terminée avec une fiche de 265 victoires, 155 défaites et 77 nulles, avec 3 championnats des séries et 7 championnats canadiens, l’Impact débarque dans la Major League Soccer, qui est considéré comme étant le plus grand championnat du nord des Amériques.

Quoi de mieux pour une équipe qui débute ce qui pourrait être sa plus grande aventure, la plus grande de son histoire, soit la participation en MLS, que de se mettre en jambes avec des matchs de préparation dans des pays où le soccer est l’équivalent du hockey au Canada, comme au Mexique.

Un tel camp d’entrainement, selon l’entraineur adjoint Mike Sorber, ne peut être que bénéfique pour l’équipe, et surtout pour l’esprit d’équipe. Souvent, au soccer, le terrain est le miroir qui reflète d’une façon claire et nette les dessous de ce qui se passe au vestiaire. Si tout va bien dans le vestiaire, ça ne devrait pas mal se passer sur la pelouse, et vice versa.

Côté nouvelles arrivées, on note la signature du capitaine de l’équipe nationale de la Jamaïque, le défenseur Shavar Tomas. Les dirigeants du club espèrent que ses coéquipiers pourront surtout profiter de sa vision du jeu et de son expérience de 9 ans en MLS.

C’est donc le 22 février que l’Impact de Montréal débutera ses matchs préparatoires au Mexique contre l’équipe de réserve des Chivas de Guadalajara. Ils pourraient ainsi goûter à l’intensité du soccer tel qu’il est pratiqué outre manche.

C’est donc dans exactement 50 jours que l’Impact débutera l’aventure et aura l’occasion d’écrire ses lignes dans l’histoire de la première division Nord-Américaine ; 50 jours pour essayer de faire partie des grands.

Bonne chance, l’Impact.

P.S. : N’oubliez pas la diffusion de la CAN 2012 au Café Osmose. Un grand merci à Mélanie Cleriot qui a veillé à préparer cet événement pour nous. Venez en grand nombre ; de la passion et de l’intensité seront au rendez-vous.

Hockey masculin : Faille et les Aigles s’imposent durant une semaine spectaculaire

par Normand d’Entremont

Une semaine passée, l’équipe de hockey de l’Université de Moncton venait de subir une défaite écrasante contre une équipe au bas du classement et savait qu’elle devrait s’y remettre avec trois gros matchs à venir.

Une semaine plus tard, il faut dire que l’équipe a certainement répondu à l’appel.

Les Aigles Bleus ont accompli une semaine invaincue, remportant la victoire contre les Panthers de University of Prince Edward Island 4 à 2, les Tommies de Saint Thomas University 7 à 2 et, pour la première fois depuis 2007 à domicile, les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick 5 à 1.

« J’ai félicité les gars pour une excellente semaine », a résumé l’entraineur en chef Serge Bourgeois. « Ils ont travaillé très fort et méritent les résultats. »

Après avoir battu les Panthers 4 à 2 à Charlottetown mercredi dernier, les Aigles se sont préparés pour affronter UNB vendredi à domicile, l’équipe classée première au pays. Christopher Guay a d’abord ouvert la marque pour Moncton à 8:31. Après que Jonathan Harty ait égalisé la marque pour UNB en désavantage numérique, Charles Bergeron a redonné l’avance aux hôtes en avantage numérique avant la fin de la période. Les Aigles avaient donc l’initiative de 2 à 1 après 20 minutes malgré avoir été défavorisés au chapitre des lancers avec un compte de 14 à 9.

En deuxième, Kevin Charland a augmenté l’écart à 3 à 1 alors que le jeu se jouait à 4 contre 4. L’élan ne s’est toutefois pas tout à fait maintenu par les Aigles alors que l’équipe hôtesse a écopé de 6 punitions consécutives après le but. Pourtant, grâce au jeu défensif de l’équipe et au calme de Pierre-Alexandre Marion, Moncton a réussi à effacer chaque punition, y compris un désavantage de 5 contre 3 pendant presque deux pleines minutes.

Ainsi, en troisième, avec la marque toujours 3 à 1, les Aigles ont marqué deux autres buts, de Rémi Blanchard et d’Éric Faille, pour assurer la victoire. En fin de compte, Marion a effectué 34 arrêts pour se mériter la victoire et le joueur du match, tandis que Faille a mené l’attaque avec 3 points. Charland et Alexandre Quesnel avaient chacun 2 points.

Selon le gardien victorieux, l’équipe a été excellente devant lui pour limiter les chances des Reds, mais pour lui le moment clé du match a été le 5 contre 3 auquel les Aigles ont survécu sans allouer de but.

« Le 5 contre 3 était le point tournant du match », affirme Marion. « Nous savions qu’il fallait les arrêter parce que, s’ils marquaient, nous aurions toujours été en désavantage. Nous avons gagné beaucoup de confiance grâce à cela. »

C’était la première victoire contre UNB depuis 2009 et la première victoire contre les Reds à domicile depuis 2007. L’entraineur en chef soulignait le travail d’équipe qui a permis aux Aigles de cesser une série de 11 défaites consécutives face à UNB.

« Le caractère de notre chambre était excellent ce soir, » dit Bourgeois. « Les joueurs de désavantage ont été excellents, notre gardien a été très bon ; c’était vraiment une victoire d’équipe. »

Le lendemain, le Bleu et Or a accueilli les Tommies à l’aréna J.-Louis-Lévesque. Après que Steven Stanza et Robert Zandbeek aient marqué pour les Tommies pour ouvrir le match, il semblait que les Aigles allaient retomber dans la même situation que la semaine précédente où ils avaient battu Acadia et ensuite perdu de manière décisive face aux Tigers de Dalhousie University.

Toutefois, ce ne fut pas le cas. Moncton a répondu avec un but de Marc-André Côté seulement 22 secondes plus tard et un deuxième d’Éric Faille 38 secondes après cela. Ainsi, dans une fenêtre d’une minute, Moncton a effacé un déficit de deux buts et a maintenu l’élan pour le reste de la partie.

Les Aigles ont poursuivi l’effort avec 4 buts en deuxième période, soit Éric Faille avec son 2e de la soirée, Guillaume Parenteau, Dean Ouellet et Éric Faille à nouveau pour compléter son tour de chapeau. Faille a également récolté une passe sur le 7e but des Aigles en troisième, celui de Francis Rochon.

Faille a ainsi récolté 4 points pour un total de 7 en 2 matchs. Après la rencontre, le joueur du match parlait du fait que lui, Kevin Charland et Rémi Blanchard – un trio qui a amassé 16 points dans les trois matchs de la semaine – ont une bonne cohésion.

« Nous avons une bonne communication sur la glace, c’est des joueurs très réceptifs à cela, » ajoute Faille. « Nous voyons tous bien le jeu; Blanchard a un caractère offensif même s’il était défenseur avant et il a une bonne vitesse, et Charland est intelligent avec la rondelle et peut marquer ».

Les Aigles (15-6-0) sont maintenant à égalité pour la 2e position au classement avec UNB (14-5-2), chacun un point derrière Acadia (14-6-1) avec un match en mains. Moncton dispute deux matchs à l’extérieur cette fin de semaine, vendredi contre St. F.-X. et samedi contre Saint Mary’s.

Hockey féminin : Les Aigles toujours en 2e position après une victoire et une défaite

par Normand d’Entremont

Après avoir commencé la saison avec 11 victoires en 12 matchs, l’équipe de hockey féminin de l’Université de Moncton a divisé les honneurs pour la deuxième fin de semaine consécutive.

Les Aigles Bleues ont battu les Tigers 4 à 3 avant de perdre 5 à 2 face aux X-Women de St. Francis Xavier University, les deux matchs disputés à domicile.

Samedi, les Aigles ont accueilli les Tigers. La première période ne s’est pas passée tout à fait comme l’équipe aurait pu l’imaginer alors que Dalhousie a dominé 17 à 6 au chapitre des lancers, mais a toutefois seulement réussi à marquer un but, soit celui de Jocelyn LeBlanc. Après que Marie-Michelle Poirier ait égalisé la marque en deuxième, LeBlanc a répondu avec son deuxième but de la soirée pour remettre Dal en avant.

Les Aigles ont créé l’égalité encore une fois en troisième sur un but de Monika Cormier, mais Sarah Robichaud a donné une troisième avance aux Tigers avec moins de 7 minutes à faire au match. Pour la troisième fois, les Aigles ont égalisé sur un but de Marika Lacroix, et cette fois Dal n’a pas répondu. Moncton a profité de l’élan pour finalement prendre une première avance sur un but de Janik Robichaud, ce qui fut le but gagnant.

Après le match, l’entraineur en chef des Aigles Bleues, Denis Ross, était impressionné par l’effort des Tigers et également par le fait que son équipe n’a pas abandonné.

« Dal est sorti fort, leurs joueuses patinaient et je pense que ça nous a surpris », souligne-t-il. « Mais ce qui est à retenir de ce match est que les filles y ont cru jusqu’à la fin; elles n’ont jamais lâché. J’étais vraiment content de cela. »

De leur côté, les Tigers ont vu leur avance s’évaporer sur trois occasions, la dernière fois étant la plus couteuse.

« Après que nous ayons marqué en troisième, nous avions l’initiative, » dit Sarah Robichaud des Tigers, la recrue qui a marqué le troisième but de Dal. « Malheureusement, Moncton a marqué tout de suite après cela, et on dirait que tout le travail que nous avons fait pour marquer a été effacé immédiatement. »

Ensuite, les Aigles ont affronté les X-Women dans une bataille pour le sommet au classement du Sport universitaire atlantique (SUA). Encore une fois, Moncton n’est pas sorti fort en première période et a cette fois alloué les deux seuls buts marqués dans le tiers. La nouvelle s’est empirée alors que la capitaine Geneviève David n’est pas revenue du vestiaire au début de la deuxième en raison d’une blessure à l’aine.

Malgré l’absence de David, les Aigles ont eu un meilleur début de période, marquant leur premier but lorsque Janik Robichaud a frappé la rondelle dans les airs pour trouver le fond du filet en avantage numérique.

Toutefois, l’élan n’a pas duré puisque Janelle Parent a répondu pour les X-Women seulement 14 secondes plus tard. Parent a marqué une deuxième fois dans la période pour augmenter l’écart au compte de 4 à 1. Marie-Michelle Poirier a diminué l’écart avant la fin de la période avec son 14e but de la saison, mais les Aigles n’ont pas pu s’approcher davantage, et Alex Normore a solidifié la victoire en troisième dans un filet désert.

Johannie Thibeault, qui a récolté une passe sur le but de Robichaud, estimait que le 3e but des X-Women a été dévastateur pour les Aigles qui venaient juste de marquer.

« Lorsque [St. F.-X.] a marqué, nous avons perdu tout le momentum; nous n’avons pas pu continuer la remontée, cela a vraiment joué contre nous. C’est dur à jouer, une partie comme cela. »

C’était seulement la deuxième défaite en temps réglementaire pour les Aigles (13-2-1), mais cela a permis aux X-Women (14-3-0) de se hisser au sommet du classement, un point devant Moncton avec un match de plus de disputé.

Les Aigles affronteront les Panthers de UPEI à domicile vendredi à 19h et les Mounties de Mount Allison University dimanche à Sackville.

lundi 23 janvier 2012

Les questions se multiplient sur une candidate au Rectorat

Exclusivité web par Marc-André LeBlanc

La semaine dernière, Le Front rapportait que Marie-Josée Berger, candidate au poste de recteur, avait été nommée pire administratrice de l’Université d’Ottawa par le centre de recours étudiant de l’établissement. À l’aube des consultations publiques de ce lundi, Le Front a découvert deux autres cas où l’actuelle doyenne de la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa a eu des démêlés avec des professeurs et des étudiants.

En avril 2006, le quotidien The Ottawa Citizen faisait paraitre un article sur une poursuite en justice qui mettait notamment aux prises Marie-Josée Berger, face au journal étudiant francophone La Rotonde et des professeurs de la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. Ceux-ci étaient poursuivis dans une cause pour diffamation, alors qu’en avril 2005, le journal étudiant francophone de l’Université d’Ottawa publiait une lettre d’opinion signée de manière anonyme par membres du personnel de la faculté d’éducation.

D’après le Citizen, la lettre des professeurs de l’Université d’Ottawa aurait qualifié Madame Berger et quelques-uns de ses collègues d’êtres ineptes, corrompus, malhonnêtes, agissants par pur intérêt personnel et abusif de l'autorité qu’offre leur poste d'administrateurs à l'Université d'Ottawa.

Les plaignants réclamaient donc une indemnité monétaire sous prétexte que cette lettre avait entaché leur réputation et que celle-ci avait été publiée dans le seul but de nuire à leur réputation.

Pour ce qui en est des accusés, ils soutenaient qu’une telle cause ne devrait pas être portée devant les tribunaux, mais devraient plutôt être réglés par la voie de griefs et des syndicats.

Pour ce qui en est de Marie-Josée Berger, celle-ci n’a pas voulu donner de détails au Citizen, soutenant que cette cause était une affaire privée.

Le Front n’a pas réussi à connaitre l’issu de cette histoire. Malgré tout, si on peut en croire un sondage fait par l’Université d’Ottawa auprès de son personnel à l’automne 2006, les tensions avec la doyenne de la faculté d’éducation ne se sont pas pour autant affaiblies.

En avril 2007, The Ottawa Citizen faisait paraitre les résultats d’un sondage qu’ils avaient obtenus en vertu de la loi pour l’accès à l’information. Selon le journal, plus de 50 % des professeurs de la faculté n’était pas satisfait des comportements de l’administration. D’ailleurs, 48 % affirmaient que le climat de travail à la faculté avait un impact sur leur productivité.

D’après cette étude auprès des employés, la faculté d’éducation était également parmi celles ayant le plus de difficulté à garder ses meilleurs professeurs et où le personnel subissaient le plus de stress.

Selon le Citizen, plus de la moitié des professeurs de la faculté d’éducation disaient qu’ils n’étaient pas traités avec respect et qu’ils n’avaient pas de mots à dire dans des décisions qui les touchaient.

À l’époque, Berger affirmait prendre ces résultats au sérieux, malgré le fait que seulement une douzaine de professeurs ait répondu à ce sondage. Sans vouloir donner de détails, elle a affirmé que sa faculté allait travailler pour régler les enjeux soulevés par l’enquête.

La candidate Marie-Josée participera donc à une consultation publique qui aura lieu ce lundi 23 janvier à la salle multifonctionnelle dès 12 h. L’ensemble de la communauté universitaire est invité à participer à cet échange. Celle-ci rencontra les étudiants et le professeur de Shippagan mardi et ceux d’Edmundston mercredi. Une couverture complète de la consultation de Moncton sera disponible dans la version papier et électronique du Front ce mercredi.

jeudi 19 janvier 2012

Une candidate au rectorat nommé pire administratrice par un groupe étudiant de son Université

par Marc-André LeBlanc

Alors que les deux candidatures reçues au poste de recteur de l’Université de Moncton ont été annoncées en début de semaine dernière, l’une des candidates semble déjà avoir accumulé une prise à son compte. Marie-Josée Berger, l’actuelle doyenne de la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa a été nommée par une organisation étudiante de son institution pire administratrice de l’année scolaire 2010-2011.

Ce prix citron, nommé le Prix du bras de fer, est remis annuellement par le Centre de recours étudiant, un service de Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO) qui a pour but d’aider les étudiants qui voudraient faire appel de décisions de l’administration de l’Université.

Selon l’annonce qu’a fait le Centre, Berger serait « doyenne de la faculté la plus inefficace, frustrante et sans esprit de collégialité ». Selon les informations publiées sur le blogue de l’instance de recours, la doyenne de la faculté d’éducation aurait fait objet de nombreuses plaintes formelles et non formelles à son égard déposé par divers étudiants de l’Université au cours des années.

En poste à l’Université d’Ottawa depuis 2002, Marie-Josée Berger s’est avérée avare de commentaires sur les raisons qui ont poussé le Centre de recours étudiant à lui remettre le Prix du bras de fer, sous prétexte qu’elle est toujours employée par l’Université d’Ottawa et que de tels dossiers sont confidentiels.

« La liberté académique est l’essence même du monde universitaire pour les professeurs et les étudiants. Mais nous, dans l’administration de l’université, autant que la liberté académique est un privilège sacré autant que c’est un privilège sacré le respect de la confidentialité des dossiers des professeurs et des étudiants », affirme Marie-Josée Berger, candidate au poste de recteur à l’Université de Moncton.

De plus, la doyenne se défend en affirmant que depuis son entrée en poste elle offre une journée par semaine où elle ouvre ses portes aux étudiants et les invitent à venir la consulter, peu importe le motif. Elle espère d’ailleurs pouvoir en faire autant avec les étudiants de Moncton.

« J’ai bien hâte de rencontrer les étudiants de l’Université de Moncton, de leur parler pour qu’il puisse apprendre à me connaitre et ils verront et feront leur propre jugement ».

Ce sentiment semble être réciproque chez Ghislain LeBlanc, président de la Fédération des étudiants et étudiantes du centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

« Ces accusations sont inquiétante à première vue, mais je pense qu’il faut donner chance à la candidate à se prouver à l’Université, affirme LeBlanc. Je pense toute fois qu’il faut prendre les inquiétudes soulevées par nos collègues à l’Université d’Ottawa au sérieux, car il y a certainement des raisons qui les ont poussés à faire de telles accusations. »

Dans le processus de sélection, des consultations publiques avec les étudiants et les candidats seront organisées, et pour le président de la Fédération ce sera une occasion de faire la lumière sur la situation.

« C’est des situations comme ceci qui démontrent l’importance des consultations publiques dans le processus d’embauche des hauts dirigeants de l’Université. »

Quand on inscrit le nom de Marie-Josée Berger sur le moteur de recherche Google, le site contenant les informations sur le Prix du bras de fer est le quatrième à apparaitre. Ghislain LeBlanc s’explique mal le fait que la firme de chercheur de cadre ou encore les membres du comité de sélection ne semblaient pas au courant de cette histoire.

« Il faut se poser la question pourquoi ce n’est jamais sorti avant et comment on n’a pu manquer ça alors que c’est de l’information publique ».

En ce qui en est de la candidate Marie-Josée Berger, elle ne semble pas trop s’en faire des accusations portées à son compte et ce que ça pourrait impliqués pour sa candidature.

« J’ai fait les journaux et ça m’a donné l’occasion de vous parler, de me présenter et je me dis toujours que tout malheur est bon. »

Une ancienne présidente de la FÉÉCUM frappée par le bras de fer
Étudiante au doctorat à l’Université d’Ottawa et ex-présidente de la FÉÉCUM, Stephanie Chouinard a elle-même été aux prises avec Marie-Josée Berger.

L’ancienne étudiante de l’Université de Moncton est membre du comité de rédaction du journal La Relève, une publication mettant en valeur des textes d’étudiants universitaires de la francophonie canadienne. Selon le site de la publication, La Relève est « à la fois journal d’actualité et revue intellectuelle, La Relève propose, à sa façon, de raviver un débat et un questionnement national canadien-français par un dialogue entre les multiples communautés francophones du pays » peut-on lire sur le site du journal.

En septembre 2010, le journal a présenté une édition sur le thème de l’éducation dans la francophonie canadienne, dont une grande majorité des textes provenaient d’étudiants à l’Université d’Ottawa. Quelques mois avant, la doyenne de la faculté aurait promis l’achat d’une publicité d’une valeur importante. Le journal a donc informé les responsables de la faculté de l’échéance et des spécifications de cette publicité plusieurs semaines avant l’impression. Par contre, une semaine avant la parution du journal la doyenne n’était plus joignable et c’est par la voix d’un assistant que les responsables du journal se sont fait dire assez sèchement que la faculté ne respecterait pas sa promesse.

« À une semaine de la parution, on avait un manque à gagner de quelque mille dollars, affirme Stéphanie Chouinard. C’est un manque de respect incroyable pour le travail de La Relève et des étudiants de la faculté d’éducation qui avait écrit le contenu du journal à 80% ».

À une semaine de la parution, les responsables de la publication ont donc du faire des pieds et des mains pour compenser cette somme importante dont dépendait La Relève pour être distribuée.

Ayant été présidente de la FÉÉCUM de 2007 à 2008, Stéphanie Chouinard se dit inquiète pour son alma mater.

« C’est un journal qui a une mission qui ressemble de très près à l’Université de Moncton, soit au niveau de l’éducation dans un milieu francophone minoritaire et puis de voir que cette dame-là crache après avoir donnée sa parole sur ce projet-là et mettre en péril notre publication, cela m’inquiète beaucoup sur la vision qu’elle a pour l’Université de Moncton et qu’elle a sur la francophonie canadienne en général. »

Yvon Fontaine à ses derniers mois comme recteur

par Mathieu Plourde Turcotte

Le recteur de l’Université de Moncton Yvon Fontaine quittera son poste en juin prochain, après deux mandats complets et un autre supplémentaire de deux ans. Il laissera sa place, en faisant abstraction des recteurs par intérim, au 8e recteur(trice) de l’histoire de l’université à enfiler ce que Maurice Basque – directeur de l’Institut de recherche Acadienne et historien de formation – décrit comme d’énormes souliers à chausser. Surtout, rajoute-t-il, compte tenu du fait qu’il faut avoir des yeux tout le tour de la tête pour garder le cap. Le candidat sera nommé officiellement en avril et arrivera en poste au mois de juillet.

À son arrivée en juillet, le nouveau ou la nouvelle recteur/rectrice se verra offrir un poste qui, selon Monsieur Fontaine, n’a pas véritablement de tradition d’une passation accompagnée du pouvoir. Lorsqu’il est lui-même entré en poste en juillet 2000, Monsieur Fontaine avait, de par son poste de vice-recteur à l’enseignement et à la recherche, déjà une bonne idée de la charge de travail qui l’attendait. Mais, il ajoute : « En somme, une personne ne provenant pas du milieu plonge dans les responsabilités sans aide dès le premier jour. Contrairement, à certaines universités françaises où le recteur arrive avec son équipe toute faite tel le président de la République, le ou la prochain(e) recteur/rectrice devra composer avec une nouvelle équipe qui ne lui sera certes pas familière. » Maurice Basque explique, pour sa part, ne pas voir de véritable tendance dans les manières de gérer l’université au courant de l’histoire, chacun y allant de sa personnalité, souvent bien distincte l’une de l’autre, si ce n’est de l’adaptation à l’époque à laquelle ils ont appartenu. Preuve qu’il n’y aurait pas de recette pour devenir recteur, Yvon Fontaine dit ne jamais véritablement avoir eu de plan de carrière. Son cheminement s’est toujours dessiné par des opportunités qu’il avoue ne jamais avoir prévues. D’abord, vice-doyen à la faculté de droit. Ensuite, étant sur le comité de sélection lors du changement de doyen de la faculté, il regarde le train passer ; toutefois, en raison d’un désistement de celui qui était fortement pressenti au poste – il se fait offrir le poste de doyen de la faculté. Il accepte, car il sentait le besoin de s’investir dans cette situation qu’il décrit comme de l’instabilité dans la faculté de l’époque. Ensuite, malgré un passage intermédiaire de deux ans dans la sphère privée à titre de vice-président de l’institution financière Assomption Vie, qui l’avait obligé à démissionner, à l’époque, de son poste d’enseignant à l’université, Yvon Fontaine aura fini par devenir vice-recteur à l’enseignement et à la recherche en 1997 : mandat de quatre ans qu’il n’a pas fini, se sentant prêt, de par son expérience professionnelle et sa maturité, à devenir recteur. Il a succédé à Jean-Bernard Robichaud. Se défendant d’être carriériste, il regarde vers certaines connaissances de Toronto – endroit où il a étudié – et admet que s’il avait agi par pure volonté de se voir à des postes de haut prestige, il ne serait peut-être pas à Moncton présentement. Il rappelle ainsi au passage qu’un poste de recteur n’est pas acquis à l’avance pour qui veut l´avoir.

Ce qu’il lui reste à faire...
Les défis de son dernier semestre à titre de recteur seront de s’adapter à la précarité financière qui se présente à la province pour le dépôt du budget provincial au mois de mars. Monsieur Fontaine parle aussi du renouvellement de l’entente avec l’Université de Sherbrooke concernant la faculté de médecine comme une importante préoccupation lors de la fin de son mandat.

Pourquoi 12 ans ?
Le mandat normal d’un recteur est d’une durée de 5 ans, mais celui d’Yvon Fontaine a duré 12 ans. Pourquoi ? Parce que, ne voulant pas se présenter pour un autre mandat complet et se faisant demander pour rester comme recteur le temps d’éviter de nouvelles réformes qui recommandaient de remplacer les écoles du nord de la province en polytechnique, une nouvelle consultation s’était mise en branle pour lui permettre exceptionnellement de faire un mandat supplémentaire de 2 ans.

Les commentaires sur le recteur et sur ce qui est souhaité comme remplaçant
« Somme toute, un bon recteur, » admet, non sans hésitation, Gislain Leblanc, président de la FEECUM. « Malgré nos divergences, il y avait toujours moyen de discuter avec quelqu’un de professionnel. » « Pour l’avenir, un candidat qui est ouvert aux changements et qui est capable de faire face au défi de ce qui s’en vient est à souhaiter. »

Maurice Basque dit d’un recteur qu’il doit, malgré les divergences, donner l’impression d’être le chef en public. « C’est ce qu’est Yvon Fontaine sur le campus de l’université. » Monsieur Basque rajoute que la compréhension du fait minoritaire est primordiale pour chaque recteur de l’Université de Moncton.

Le vice-président académique Justin Guitard, aussi l’étudiant sur le conseil consultatif pour la sélection, dit, sans pouvoir rien révéler sur le processus de sélection de l’université en raison du fait que chaque personne présente sur le conseil consultatif ait signé une entente à ce sujet : « Sans rire, les candidats sont vraiment tous les deux de très bonnes candidatures. Ils ont tous les deux des curriculums très impressionnants. » Lorsque questionné sur le fait que tout comme dans l’affaire du vice-rectorat le conseil consultatif pourrait ne pas être écouté, Monsieur Guitard avoue que cela est parfaitement possible, mais n’est vraiment pas souhaitable puisque ça fait pratiquement 2 ans que le conseil se penche sur l’étude du dossier. Bref, « ce serait un affront au processus de sélection », lance calmement Justin Guitard.

Monsieur Fontaine a confiance de voir son successeur, peu importe qui il est, diriger l’université de manière à ce qu’elle s’ouvre sur le monde comme elle se doit de le faire à l’avenir. Le défi pour le prochain recteur sera aussi de maintenir la population étudiante au même niveau. Un maintien qu’il se dit satisfait d’avoir accompli, compte tenu des pronostics qui, à ses débuts comme recteur, annonçaient une forte baisse.

Monsieur Fontaine souhaite au prochain recteur d’avoir autant de plaisir qu’il en a eu à exercer cette fonction. N’ayant visiblement pas l’âge de la retraite, Yvon Fontaine se consacrera après son mandat à l’agence universitaire de la francophonie ainsi qu’à d’autres projets auxquels il songe, mais dont il n’a pas voulu révéler le contenu.

Le rectorat dans l’histoire

par Mathieu Plourde Turcotte

La genèse
Le musée acadien situé sur le campus porte le nom du tout premier recteur de l’Université de Moncton: Père Clément Cormier. Il est celui qui a donné le nom à l’université pour l’associer à la ville dans laquelle elle était située. L’université est née de l’union des trois collèges de l’époque : le collège Sacré-Cœur de Bathurst, le collège Saint-Louis d’Edmundston et le collège Saint Joseph de Memramcook. Ce dernier avait, un peu avant la fondation de l’Université de Moncton en 1963, déménagé une partie des ses effectifs à Moncton, sur la rue Church. Encore aujourd’hui, les campus d’Edmundston et de Shippagan ont une certaine indépendance. En 1967, Adélard Savoie est devenu le premier recteur laïc. Il est resté en poste durant deux mandats.

Les années 70-80
Puis, pour un mandat, il y a eu Jean Cadieux, premier recteur à ne pas être né en Acadie. Cependant, comme l’ajoute Maurice Basque, directeur de l’Institut de recherche Acadienne et historien de formation, « de par son entourage, c’était tout comme s’il était acadien. Son mandat marque la venue d’une faculté de droit à l’Université de Moncton, dont Fredericton n’était pas spécialement friand, surtout à titre francophone. » Monsieur Basque dit être arrivé à l’université lors de son règne et d’en avoir gardé un très bon souvenir. « S’il y a souvent dans les films un gentil et un méchant flic, Cadieux aurait été le gentil. Ça allait un peu avec l’époque – Cadieux étant sélectionné en 1974 –, il était assez libéral au sens moins inhibiteur et moins strict que son successeur. » Ce nouveau recteur, c’est Gibert Finn en 1980.

Provenant du milieu financier en étant PDG de l’assomption – aujourd’hui, Assomption Vie – il est décrit par Monsieur Basque comme quelqu’un qui a utilisé une stratégie financière plus musclée et rigoureuse. Une des raisons de la santé financière de l’université sous son règne est expliquée par le fait que le millionnaire gaspésien Jean Louis Lévesque était dans son réseau de contacts et de ce fait, effectuait des dons de montants faramineux à l’université. Le réseau de contact bien établi s’avère un point qui semble faire l’unanimité chez les intervenants comme une compétence indispensable pour un recteur. S’en suit Louis-Philipe Blanchard, de 1985 à 1990. Ancien professeur à la faculté des sciences de l’Université Laval, il a laissé son empreinte sur la fonction de recteur en s’appliquant sur l’incitation à la recherche, en créant entre autres neuf nouveaux centres de recherche.

Ouverture sur le monde qui s’amplifie
Les dix années de rectorat qui ont précédé la venue d’Yvon Fontaine sont celles de Jean Bernard Robichaud. Décrit comme un humaniste, de par le développement de missions humanitaires, ses années à titre de travailleur social l’auront grandement influencé dans ses décisions. Il finit son mandat sur une grève des professeurs en 2000.

Maurice Basque affirme qu’il y a certains dossiers qui reviennent périodiquement sur la table et qui ne feront certes pas exception dans les mandats du prochain recteur. Le premier : l’ajout de cours d’anglais pour remplir les coffres de l’université. Le second, avec lequel Jean Bernard Robichaud avait eu un peu de difficulté, le nom de l’université que certains voudraient nommer Université de l’Acadie et qui est associé encore parfois au général Robert Monckton – un des responsables de la déportation des Acadiens. Ce nom est utilisé encore aujourd’hui pour des raisons de séduction à l’international – Université de l’Acadie donnant une perspective très régionale. De plus, certains croient que le changement du nom de l’université devrait venir avec le changement du nom de la ville. Si c’est une question de nom de ville, pourquoi pas : Université de Dieppe ? Monsieur Basque répond : « Ce ne serait pas une mauvaise idée, mais bon, il y a déjà Dieppe en France … ça serait à étudier. » Et pour le reste, la difficulté vient du bouillonnement des structures, donc du nombre d’intervenants avec qui le recteur doit s’entendre : les différents syndicats et corps professoraux, ainsi que les différents campus et différentes facultés, etc.

Le mandat de Monsieur Fontaine en aura été un, selon Monsieur Basque, de maturité à l’international.

2 candidats en lice pour le poste de recteur à l’UdeM

par Marc-André LeBlanc

Marie-Josée Berger et Raymond Théberge, voilà les noms des deux candidats qui seront dans la course pour remplacer Yvon Fontaine au poste de recteur de l’Université de Moncton.

Actuellement doyenne de la faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa, Marie-Josée Berger est une enseignante de carrière et auteur de nombreuses recherche et publication portant sur le monde de l’éducation, notamment en milieu minoritaire. D’ailleurs, la candidate affirme avoir des liens étroits avec l’Acadie alors que son premier emploi comme enseignante au Canada a été à Saint-Quentin au Nouveau-Brunswick.

« L’Université de Moncton est le pilier de la communauté acadienne et l’Université de Moncton existe parce qu’il y a l’Acadie et vice-versa » soutien Marie-Josée Berger.

Parmi les enjeux envisagés, la candidate parle du rôle de l’Université de Moncton comme institution généraliste.

« Ce qui m’attire c’est de voir comment fonctionne une vocation généraliste à l’intérieur d’une communauté si proche qu’est l’Acadie », affirme Marie Josée Berger.

Étant actuellement à la tête d’une faculté qui s’étend sur trois campus à travers l’Ontario, Marie-Josée Berger croit pouvoir transférer cette expertise aux défis que posent les trois campus de l’Université de Moncton.

« Les difficultés et les enjeux reliés à la gestion de trois campus je les vis. Donc pour moi le point essentiel c’est que les trois campus s’enrichissent mutuellement. »

En ce qui concerne l’autre candidat, Raymond Théberge, il est actuellement Sous-ministre adjoint à la division de l'éducation en langue française, de l'éducation des autochtones et de la recherche au ministère de l'Éducation et ministère de la Formation, des Collèges et Universités de l’Ontario. Impliqué au niveau de la fonction publique, Raymond Théberge a également oeuvré dans le monde académique à l’Université de St-Boniface au Manitoba et l’Université Laval au Québec. Son travail porte principalement sur la francophonie canadienne, surtout sur le thème de l’éducation.

Le Front à tenter de joindre Raymond Théberge, mais ce dernier n’a pas rendu les appels et les courriels.

Il est à noter qu’un troisième candidat a été sélectionné par le comité de sélection, mais ce dernier dont l’identité n’a pas été relevée s’est désisté avant la période des fêtes.

La prochaine étape du processus est une série de consultation publique où les deux candidats rencontrons les membres de la communauté universitaire. Les dates et les détails sur le format de ses consultations se font toujours attendre. En principes elles devraient se tenir à la fin janvier ou au début février.

Éditorial : Le rectorat, un poste d’une importance capitale

par Marc André LaPlante, rédacteur en chef

La fin du mandat du recteur Yvon Fontaine arrive à un moment extrêmement important pour l’Université de Moncton. Les derniers mois semblent avoir écorché la réputation de l’Université, et la nomination du nouveau recteur aura un grand rôle à jouer si l’administration souhaite redorer son blason.

On a constaté une certaine surprise lorsqu’on a rendu publics les noms des deux candidats retenus pour le poste de recteur, alors que ni Yvon Théberge, ni Marie-Josée Berger n’est d’origine acadienne. C’est un fait assez rare, alors que l’identité de l’Université de Moncton est très intimement liée à son rôle en tant qu’institution acadienne.

Ceci étant dit, ce n’est pas une mauvaise chose. L’Acadie est en train de se diriger vers une identité inclusive, alors que l’immigration francophone est devenu un enjeu de taille dans la communauté acadienne. Une Acadie inclusive veut également dire une Acadie qui fait une place aux francophones du Québec et d’ailleurs au pays.

Dans le cas du rectorat de l’Université de Moncton, les deux candidats sont quand même des francophones originaires de l’extérieur du Québec. Ils sont donc très au courant de la situation des francophones en milieu minoritaire. Il est donc clair qu’aucun des deux ne devrait avoir de problème à comprendre la situation de l’Acadie.

Cependant, il est très inquiétant de voir les informations provenant de l’Université d’Ottawa sur la candidate Marie-Josée Berger, qui a été pointée du doigt par des étudiants et collègues de l’université ontarienne pour son traitement injuste dans certains dossiers.

Lorsqu’il a été interrogé par les membres de différents médias, le président du conseil des gouverneurs, André Richard, a affirmé qu’il n’était pas au courant que Mme. Berger c’était mérité ce prix du bras de fer. Pourtant, une simple recherche Google permet de voir très rapidement que ce prix lui avait été remis par l’association étudiante de l’université.

Si c’est réellement le cas, il est clair que les recherches nécessaires n’ont pas été faites lors de la sélection des candidats. Il n’est pas compliqué, lorsque l’on entreprend le processus d’embauche d’un poste aussi important, de passer le nom des candidats dans Google.

Lorsqu’elle a été confrontée par les médias, Mme. Berger a affirmé qu’elle répondrait à cette mini controverse lors des consultations. Pourquoi attendre les consultations, et ne pas y répondre maintenant ? En attendant, Mme. Berger semble tout simplement attendre que les gens oublient cette question. Encore une fois, il semble que les étudiants n’auront pas réponse à leurs questions. De toute évidence, la transparence ne fait pas la loi au deuxième étage de Taillon.

La FÉÉCUM fait le bilan d’une année productive

par Danielle Bilodeau

En ce début de semestre d’hiver 2012, le Front s’est entretenu avec le président de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Ghislain LeBlanc, afin d’effectuer un retour sur le semestre qui s’est terminé et donner un aperçu de celui qui vient de débuter.

Une sensibilisation bien réussie
Au mois d’octobre dernier, la FÉÉCUM a rédigé un document contenant sept recommandations adressées au gouvernement du Nouveau-Brunswick. Ce projet visait à démontrer les failles dans le système d’éducation postsecondaire de la province et à proposer des solutions.

Notamment, le fait d’inclure la contribution parentale dans le calcul des prêts étudiants est une source de problème pour plusieurs étudiant.e.s universitaires, au Nouveau-Brunswick ainsi que dans le reste du Canada.

Afin de sensibiliser les gens à ce problème, la FÉÉCUM a organisé un faux mariage entre deux étudiants. Cette union les rendait ainsi indépendants de leurs parents et leur permettait d’avoir plus d’aide financière de la part du gouvernement.

« On a ridiculisé le système pour montrer combien c’est absurde », dit Ghislain LeBlanc. « Aussitôt qu’un étudiant obtient un certificat de mariage, il est considéré comme indépendant de ses parents. » Pourtant, les étudiants sont déjà assez indépendants dès leur arrivée à l’Université, maintient la FÉÉCUM.

Le reportage de CTV sur le mariage a été rediffusé à travers internet d’un océan à l’autre. Plusieurs universités canadiennes, dont toutes celles dans les Maritimes, ont pu voir ce qui avait été réalisé ici, à Moncton. Un bon nombre d’étudiants canadiens ont félicité la FÉÉCUM sur cette réussite.

Un effort à l’interne remarquable
Un autre dossier qui a fait des vagues à profusion ce dernier semestre est la nomination de la vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales, Marie-Linda Lord. Dans un dossier bien publicisé, les membres de la FÉÉCUM ont demandé une révision de la procédure, demande qu’on leur a accordée.

Ghislain LeBlanc souligne que c’est bien la démarche qui posait problème, et non la vice-rectrice elle-même. « Depuis que Mme Lord est en fonction, nous avons eu une excellente relation de travail. Je crois que l’on continuera d’avoir une bonne collaboration dans le futur. »

Dans les derniers mois, la FÉÉCUM a été fière de remarquer que les conseils étudiants ainsi que les divers comités du campus ont été très actifs. Notamment, la levée de fonds pour l’Arbre de l’espoir a été un énorme succès, l’ensemble de la population étudiante ayant réussi à amasser 36 000 $.

Autre changement à noter, la vente de livres, anciennement dirigée par Symbiose, est maintenant une responsabilité de la FÉÉCUM. Les profits seront déposés dans un nouveau fond communautaire pour des projets environnementaux ou de justice sociale.

À la suite de plusieurs commentaires de la part des étudiants, la FÉÉCUM a aussi décidé de se positionner par rapport à l’envoi des courriels étudiants. La demande de mieux cibler les courriels, placée auprès des différents services étudiants, a permis d’éviter le surplus d’envois.

Le travail n’est pas fini pour autant

Malgré le succès et la visibilité impressionnante du faux mariage organisé par la FÉÉCUM, Ghislain LeBlanc souligne que le défi réside plutôt ailleurs. « C’est une chose de les convaincre qu’il y a un problème, » dit LeBlanc, « mais après ça où est-ce qu’on va trouver l’argent ? Est-ce qu’ils vont vraiment passer à l’action ? »

Même si une faille dans le système est découverte, les fonds ne seront pas nécessairement disponibles pour les étudiants. De l’autre côté, il n’est pas clair si le gouvernement va choisir de débourser davantage de prêts. Le budget provincial, qui sera dévoilé au mois de mars, permettra d’avoir une meilleure idée de ce qui pourrait se dérouler.

Si, à la suite d’une analyse, le gouvernement découvre qu’il y a réellement une faille dans le système et que la solution serait d’accorder davantage de prêts, il n’est pas clair si cet argent sera effectivement déboursé.

Déjà, la FÉÉCUM s’attend à ce que le financement ne soit pas à la hauteur qu’il devrait être dans les prochaines années. Tous les différents scénarios qu’elle envisage se terminent soit par une augmentation des droits de scolarité, soit par une baisse dans la qualité de l’enseignement. Ni l’un ni l’autre de ces résultats sont souhaitables, dit le président.

Une année de changements
Au mois de juillet prochain, l’Université de Moncton aura une nouvelle rectrice et vice-chancelière ou un nouveau recteur et vice-chancelier. M. Yvon Fontaine, qui a occupé le poste pendant 12 ans, sera bientôt remplacé. « Ça va être un très gros changement pour la FÉÉCUM », dit le président.

Des changements importants auront aussi lieu au cœur même de la FÉÉCUM. Le 28 février, l’Université apprendra qui seront les gagnants des élections de la Fédération. Les heureux élus entreront en fonction à partir du 1er avril.

Le dossier du Café Osmose continue de se développer et semble prometteur. Depuis le début septembre et à la suite d’évènements très réussis tels que le Bal des Neiges du 3 décembre, le Café va très bien. « J’oserais même dire que le café n’est plus déficitaire, on ne fait plus de pertes », rapporte Ghislain LeBlanc.

Le Tonneau aussi fonctionne très bien depuis que les activités organisées ont des attentes plus modestes. Des évènements tels que le concert de Radio Radio et les « Jammers du Campus » ont été d’énormes succès, nous indique la FÉÉCUM.

Pour ce qui est des changements au niveau de l’infrastructure du Café, la FÉÉCUM est toujours en attente de connaitre les intentions de l’administration de l’Université. Une entente a tout de même été réalisée et l’administration s’est dite d’accord de ne pas effectuer de changements sans le plein consentement de la FÉÉCUM.

38 étudiants accusés de plagiat - L’administration contourne le règlement universitaire sur des doutes

par Anthony Doiron

38 étudiants sur 49 se sont retrouvés accusés de plagiat lors d’une évaluation la session dernière dans un cours de science infirmière à l’Université de Moncton.

Selon la procédure décrite dans le règlement universitaire, dépôts de plaintes formelles et comités d’appel auraient dû s’en suivre afin de déterminer si oui ou non ces étudiants étaient véritablement coupables de ce dont on les accusait, mais rien de cela n’a été fait.

Prise au dépourvu devant cette situation, l’administration de la Faculté des sciences de la santé et des services communautaires (FSSSC) a plutôt choisi d’aller de l’avant avec l’annulation de l’évaluation en question, modifiant de ce fait la pondération inscrite au plan de cours (syllabus). Or, le règlement universitaire stipule très clairement que la lettre finale d’un cours est déterminée à partir de l’ensemble des notes obtenues à chacune des épreuves telles qu’indiquées dans le sommaire remis au début du cours (règlement 8.6.1). L’administration a-t-elle délibérément le droit de modifier les règles du jeu lorsqu’elle seule juge qu’il en est plus avantageux pour tout le monde ?

Selon M. Paul Émile Bourque, doyen de la FSSSC, cette décision était justifiée : « Lorsque j’ai pris connaissance de ce dénouement, je me suis immédiatement questionné sur la pertinence de cette évaluation, à savoir si elle permettait d’évaluer la pleine compétence des étudiants et étudiantes. Cette évaluation-là était la même que celle de l’année précédente, et donnait donc place à un haut risque de plagiat », dit-il. « Selon la professeure, certains étudiants du cours se seraient simplement approprié les travaux des étudiants de l’année précédente. Toujours selon le rapport de la professeure, le plagiat s’étendait de quelques mots à quelques pages, selon le cas. En décidant d’annuler l’évaluation, l’idée était surtout de ne pas pénaliser les étudiants qui auraient voulu se diriger vers la maîtrise. »

Il est important de mentionner ici que l’obtention de la note « B » au minimum dans le cours Bases théoriques du soin est un prérequis à l’admission en maîtrise en Science infirmière.

« Si nous avions été de l’avant avec l’application du règlement, pouvez-vous imaginer le montant des ressources financières et administratives que la formation de 38 comités d’appel aurait exigé ? Nous en aurions eu pour des mois », rajoute M. Bourque.

Cet incident soulève une question importante en créant un précédent : est-ce que les étudiants peuvent simplement s’acquitter d’une évaluation en trichant massivement ?

Justin Guitard, vice-président académique de la FÉÉCUM, déduit que oui : « Si l’on se fie à ce qui s’est passé dans ce cas-ci, oui. Toutefois, ces étudiants risquent que le professeur aille de l’avant avec la procédure normale ».

M. Guitard précise que la décision de l’administration n’a pas fait que des heureux au sein des étudiants concernés : « Quelques étudiants nous ont formulé des plaintes concernant le changement de pondération au syllabus ». En effet, ce changement a pénalisé ceux et celles qui auraient obtenu une excellente note lors de l’évaluation. « La FÉÉCUM reconnait que les plus grandes victimes dans toute cette histoire sont les gens qui n’ont même pas été accusés de plagiat et qui ont vu leur note baisser à cause de ça », dit-il. « Nous sommes dans une situation difficile où, peu importe la décision qui va être prise, ce sera injuste pour quelqu’un. Nous représentons les étudiants, autant ceux qui n’ont pas fait de plagiat que ceux qui en auraient vraiment fait. Je crois véritablement que la faculté a fait ce choix en voulant aider les étudiants, malgré que cela ait nui à certains. Nous prévoyons rencontrer les étudiants de cette classe-là moi et Ghislain afin de tâter le terrain à savoir jusqu’à quel point ils veulent pousser les négociations. »

Nicholas Enslow, étudiant en Science infirmière, faisait partie du groupe d’étudiants suivant ce cours. « J’ai trouvé que cette histoire était un désastre et que ce n’était vraiment pas professionnel », dit-il. « On a décidé de nous confronter avec ça pendant la période d’examens ; on était tous déjà stressés d’avance. Pour ma part, j’aurais vraiment préféré que l’on nous consulte avant d’effectuer ces changements ; c’est nous les principaux concernés. J’espère qu’une situation comme celle-là ne se reproduira plus jamais. »

Une modification au règlement universitaire visant à prévoir un tel cas devra maintenant être instaurée. Comment choisira-t-on de contourner cette nouvelle règle ?