lundi 10 décembre 2012

Une grande gronde étudiante contre une des six grandes recommandations de la FÉÉCUM aux partis du N.-B. 2012-2013

par Anthony Doiron

« Nous sommes prêts à retirer la ligne, » dit la présidente de la FÉÉCUM

Adoptées à l’unanimité par le conseil d’Administration (CA) de la FÉÉCUM lors d’une de ses réunions, le 27 août dernier, les recommandations 2012-2013 ne font pas l’unanimité au sein de la population étudiante.

Celle inscrite dans le cadre d’une entendre pluriannuelle sur le financement des universités fut l’objet de protestations. Une progressive gronde populaire s’est fait sentir tout au long de la semaine du 3 décembre au travers de médias sociaux.

Sentant le besoin d’expliquer les recommandations et d’écouter ce que les étudiants avaient à dire à leurs sujets, le vice-président externe de la FÉÉCUM (Fédération des étudiants et étudiantes du centre universitaire de Moncton), Alexandre Levasseur, convoqua tous les étudiants à une réunion au café-bar le Coude le vendredi suivant, soit le 7 décembre. Une trentaine d’étudiants, dont quelques membres de conseils étudiants, répondirent à l’appel. La réunion dura près de 4 heures.

La recommandation et ce qui lui est reproché
« La FÉÉCUM recommande : La signature d’une entente sur le financement qui permettra aux universités de fonctionner adéquatement et d’offrir une éducation de qualité, mais aussi aux étudiant(e)s d’avoir accès à l’éducation postsecondaire grâce à des droits de scolarité abordables, c'est-à-dire des droits de scolarité qui n’augmentent pas plus qu’au rythme du taux d’inflation, » peut-on lire à la page 9 du document contenant les recommandations de la FÉÉCUM 2012-2013.

Or, c’est le dernier bout de phrase qui a suscité beaucoup d’inquiétude chez plusieurs. Aux dires de Simon Ouellette, un étudiant s’opposant à la recommandation, elle est un non-sens.

« Le problème, c’est que la FÉÉCUM dit explicitement tolérer une augmentation. Une cent de plus : je ne suis pas content. J’aimerais que l’on suive nos principes directeurs et que l’on trace une ligne et que l’on ne puisse jamais la dépasser, dit-il. Lorsqu’on accepte une hausse des droits de scolarité, est-ce qu’on vient réellement de rendre l’éducation plus accessible pour tout le monde? », dit-il.

Lors d’échanges échauffés entre M. Ouellette et la présidente de la FÉÉCUM, Joëlle Martin, cette dernière concéda et se dit prête à modifier ladite recommandation.

« Nous sommes prêts à retirer la ligne », dit-elle.

Elle souligna toutefois que l’intention fondamentale de la FÉÉCUM n’a jamais été de dire oui à une hausse des droits de scolarité.

Avant que tout changement puisse être effectué, une proposition de modification devra d’abord être apportée en tant que point d’information à la prochaine réunion du CA de la FÉÉCUM. Les élus étudiants pourront donc rapporter l’information aux membres de leurs Facultés respectives pour en discuter avec eux, prendre position, et voter sur le sujet lors de la réunion subséquente.

La prochaine réunion du CA de la FÉÉCUM est prévue pour le 11 janvier 2013.

Un débat productif
Mme Martin se dit agréablement surprise du déroulement de la réunion. Elle reconnait qu’il est nécessaire pour tout membre d’un conseil étudiant d’être à l’écoute de la masse étudiante qui l’a élu.

« Se remettre en question est une chose qu’on a tous besoin de faire. Tous les exécutifs passent par là. Cette année on l’a vécu différemment à cause des médias sociaux. C’est ça la démocratie : écouter la voix du peuple. Je crois que c’était sain ce qu’on a eu droit à aujourd’hui », dit-elle.

Contestation d’étudiants face aux six recommandations de la FÉÉCUM

par Anthony Doiron

Une histoire de « salissage » et de harcèlement

Les récentes contestations aux six grandes recommandations de la FÉÉCUM 2012-2013 aux partis du N.-B. ont donné lieu à des échanges échauffés sur le média social Facebook. Des élus de la Fédération étudiante ont lancé des accusations envers Simon Ouellette, un étudiant de l’Université de Moncton qui s’afficha contre une des recommandations.

Louis-Philippe Rousselle, le président du conseil étudiant de la Faculté des Arts, ne mâcha pas ses mots avant de les écrire, accusant M. Ouellette de n’être qu’à la recherche de ses « 10 minutes de gloire » et de mener une campagne de « salissage » auprès des membres de la FÉÉCUM. Multiples étudiants et internautes ont signifié leur mécontentement face à ces accusations, les qualifiant d’attaques gratuites et injustifiées à l’endroit de M. Ouellette.

Le Front a contacté M. Rousselle afin d’obtenir des explications face aux accusations qu’il a portées envers M. Ouellette, mais il a préféré ne pas commenter.

Une opinion qui ne fait pas l’unanimité au sein du conseil
Patrick-Olivier Meunier, vice-président externe du conseil étudiant de la Faculté des Arts, précise que l’opinion de M. Rousselle ne reflète pas présentement celle des membres du conseil.

« […] en tant que membre du conseil, je pense que Louis-Philippe a fait quelque chose de personnel sans consulter les membres avant. […]. Faudrait avoir une discussion à savoir si oui ou non on appuie [ces propos-là] en tant que conseil », dit-il.

La présidente de la FÉÉCUM clarifie ses propos
La présidente de la FÉÉCUM, Joëlle Martin, a quant à elle qualifié de « Campagne de salissage » le mécontentement qui se partageait entre internautes sur les médias sociaux. Questionnée par le Front à cet égard, elle a voulu clarifier les propos qu’elle avait émis.

« Veut, veut pas, ce qui s’est passé cette semaine sur les médias sociaux, ça a sali l’image de la Fédération, donc selon moi, ça a quand même été une campagne de salissage. Je ne veux pas dire que ça a été mené par Simon, je n’accuse pas personne de l’avoir menée, je dis juste que l’information, la manière dont elle a été présentée, ça a sali l’image de la Fédération et mon image aussi », dit-elle.

Toujours au travers du média social Facebook, elle accusa publiquement Simon Ouellette de harcèlement. Lorsque demandé de préciser quelles actions M. Ouellette avait commises pour justifier une telle accusation, Mme Martin déclara que l’entrevue était terminée et qu’elle préférait ne pas commenter.

Ad hominem
Simon Ouellette qualifie comme contradictoire et contre-productif que des élus étudiants, qui revendiquent la participation des étudiants aux enjeux politiques, réagissent de la sorte lorsque des étudiants s’y intéressent finalement.

« Les réactions Facebook ont manqué de tact et de retenue. Les petits commentaires diffamants de la part de certains ne me dérangent pas, car mes questions étaient légitimes », dit-il.

M. Ouellette souligne que la liberté d’expression est importante, mais que les attaques contre la personne n’enrichissent pas les débats.

« […] il faut respecter ceux qui prennent le temps de s’exprimer sur les médias sociaux que la Fédération elle-même utilise pour transmettre ses messages. Chaque commentaire publié est en effet public et non anonyme. Nous sommes en 2012 : les médias sociaux ne devraient pas faire peur à nos jeunes élus. »

mercredi 5 décembre 2012

Mistero Buffo : Un drame satirique qui ose

par Karine Martel

Les étudiants finissants du baccalauréat en art dramatique présentent jusqu’au jeudi 6 décembre la pièce « Mistero Buffo » de l’Italien Dario Fo. La pièce a lieu tous les soirs à 20 h au Studio-théâtre La Grange de l’Université de Moncton au coût de 5 $ pour les étudiants et de 10 $ pour les autres.

Pendant près de 3 heures, les dix étudiants présentent un retour satirique sur les mystères religieux dans le Moyen-âge. Un regard parfois dramatique, parfois humoristique des relations hiérarchiques entre l’État, la religion et le peuple. En plus de revoir l’histoire de Jésus, le spectateur assiste à un rejet du Pape et donc de l’institution religieuse par le Christ lui-même.

« J’étais vraiment contente du choix de la pièce. C’est rare qu’on peut faire de quoi qui est si tabou, qui parle de des affaires comme ça. Mettre de l’humour dans la religion c’est difficile », explique la comédienne Carole Belliveau. « Mais c’est sûr que c’est une grosse pièce jouer du Dario Fo. C’est un auteur qui pousse les limites en Italie. C’est un honneur d’avoir pu jouer ça pendant mon Bac », rajoute-t-elle.

Les étudiants ont incorporé de grands noms de l’histoire de la religion. Entre autres, Marylin Bouchard a interprété le rôle de la Vierge Marie et Xavier Lord Giroux n’était nul autre que son fils, Jésus le Christ. Il nous parle de son expérience. « J’ai un peu laissé tomber la pratique de la religion catholique, mais j’ai réalisé avec cette pièce-là que tout ce que Jésus a fait, c’était pas fou. Il y a des vraiment belles valeurs avec Jésus, et je me suis un peu réconcilié avec lui. Puis avant les représentations je priais, et disais “bon, Jésus, tu peux venir habiter mon corps pour la pièce, ça va me faire plaisir de t’accueillir.” C’était vraiment un personnage le fun. »

Le texte de Fo a été écrit en tant que monologue; un très long monologue. Il a donc été divisé entre les 10 étudiants qui eux aussi relèvent le défi de jouer plusieurs personnages à la fois, en plus de ces nombreux monologues.

« Dans n’importe quelle pièce, mais encore plus dans celle-là, la concentration et l’énergie sont vraiment importantes. Les monologues c’est sûr que c’est difficile, t’es la seule personne en scène. T’es tout seul avec toi-même. Il faut que tu te fasses confiance et que tu travailles encore plus fort parce que tu peux pas te retenir avec les autres. Tu peux pas prendre ton énergie ailleurs. C’est un défi apeurant, mais c’est un beau défi », explique Sébastien Leclerc.

L’ensemble des accessoires, des costumes et des décors sont évoquent et de qualité. La disposition de la salle et la mise en scène rajoutent une perspective inclusive à la pièce.

« Vraiment bon. Quel travail! » de dire la grande dame du théâtre acadien, Viola Léger après la première de la pièce dimanche soir.

Les étudiants de troisième année du département d’art dramatique se joindront aux finissants du même programme pour présenter l’adaptation d’Herménégilde Chiasson de la pièce « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare à la fin de la session d’hiver.

Éditorial : La fin du monde

par Danielle Bilodeau, rédactrice en chef

Il ne faut pas oublier qu’il ne resterait qu’un peu plus de 2 semaines avant la fin du monde prévue pour le 21 décembre. Au départ, c’est les Mayas qui nous ont prédit cette catastrophe. Maintenant, il semblerait que c’est Psy qui va causer notre destruction.

Selon le Français Guillaume Leroy, une des prédictions de Nostradamus fait clairement référence à la chanson « Gangam Style » comme force derrière la fin du monde. La phrase en question : « Du matin calme la fin viendra une fois le nombre de cercles alignés à 9 sera, du cheval qui dansera. »

Selon ce jeune intellectuel, le matin calme représente la Corée du Sud et les 9 cercles alignés sont les 9 zéros du milliard; un chiffre que la vidéo de Psy approche rapidement sur YouTube, il en est maintenant à plus de 878 millions. Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre ce à quoi le cheval qui dansera fait allusion.

Si ce n’était pas déjà assez, M. Leroy estime que la vidéo pourrait atteindre un milliard de visionnements (donc 1, suivi de 9 zéros) le 21 décembre précisément. Il suggère aussi que le chanteur retire sa vidéo de YouTube « par mesure de sécurité ».

On s’entend que c’est assez sérieux. Devant toutes ces évidences, il semble bien que je dois vous souhaiter bonne chance dans la vie qui vous attend après la mort. Je vous remercie aussi d’avoir été un fidèle lecteur ou une fidèle lectrice du Front pendant ses 35 années d’existence. Ce fut un plaisir de vous connaitre.

Juste au cas où…
Certes, les signes que la fin du monde approche sont nombreux. Par contre, on ne peut être sur de rien donc je tiens tout de même à vous souhaiter joyeux Noël, juste au cas où nous serions encore tous vivants le 25 décembre.

Peu importe votre façon de fêter ce congé, profitez bien de votre temps de vacance pour respirer et reprendre les énergies que vous avez perdues à vos études. Vous en aurez besoin lorsque le tout recommencera en janvier. Si toutefois vous terminez votre programme à ce semestre, vous en aurez besoin lorsque vous entamerez votre vie sur le marché du travail.

Si vous avez pris le temps de lire cet éditorial, malgré tous vos travaux et examens, je vous remercie. La période de fin de session est toujours difficile et il semble qu’à chaque fois on se demande comment nous pourrons possiblement passer au travers. Pourtant, on réussit toujours. Pour le mieux ou pour le pire, les choses vont bien finir.

Au risque de répéter les propos de l’éditorial de la semaine passée, je vous rappelle les dangers de la tricherie. Ça peut être très tentant de se faciliter un peu la tâche en cette période de l’année, mais vous serez beaucoup plus fiers de vous si vous y résistez. Planifiez votre récompense et gâtez-vous lorsque vous aurez terminé vos examens. Vous l’aurez certainement méritée.

Passez de joyeuses fêtes, ayez de bonnes vacances et faites votre possible pour survivre à l’apocalypse.

Génie frappe encore une fois : Des étudiants rapiècent une automobile au 2e étage de Jean-Cadieux

par Anthony Doiron

Près d’une trentaine d’étudiants de la Faculté de génie se sont fait pincer aux petites heures du matin, le mardi 27 novembre dernier, en train de rapiécer une Ford Escort 1997 violette au deuxième étage du pavillon Jean-Cadieux.

Vers 4 h, le service de sécurité s’est déplacé sur les lieux pour interpeller les étudiants et leur demander de démonter le véhicule qui était presque complètement assemblé. C’est la deuxième fois que des étudiants de génie se font prendre par le service de sécurité du campus pour quelque chose de similaire cette année. La même niche avait été tentée au début octobre dernier.

Au lendemain de cette escapade, les étudiants du campus ont eu droit à la CIA (Chorale des ingénieurs associés) de la Faculté de génie, cette parade annuelle impromptue où des étudiants de la Faculté défilent dans tous les pavillons du campus en chantant haut et fort tout en dérangeant les cours qui s’y donnent.

« C’est inacceptable »
Le doyen de la Faculté d’administration, Gaston Leblanc, en a assez.

« La parade des étudiants de génie est la goûte qui a fait déborder le vase », dit-il.

M. Leblanc affirme avoir déposé une lettre de plainte formelle au service de sécurité à l’endroit des étudiants responsables. Il explique qu’une vidéo de la parade aurait été filmée. À ses dires, on verrait et entendrait sur celle-ci des étudiants scander des slogans injurieux envers les membres de la Faculté d’administration. M. Leblanc explique que cette vidéo serait maintenant entre les mains du service de sécurité.

« Des gestes de la sorte n’ont pas leur place à l’université. C’est du bullying pur et simple, dit-il. »

M. Leblanc a toutefois refusé de laisser le Front visionner la vidéo.

Les motivations derrière le geste
Des étudiants attendent présentement d’être rencontrés par le comité disciplinaire de l’Université de Moncton. Le Front a tenté de contacter des étudiants concernés, mais aucun n’a voulu commenter. Le Front s’est engagé à ne pas divulguer les noms des principaux intéressés.

Aux dires d’Alexandre Gosselin, un étudiant de la Faculté de génie qui était présent lors de la première fredaine, on reconstruit une voiture au deuxième étage d’un pavillon universitaire pour à peu près les mêmes raisons que l’on escalade une montagne.

« Juste pour le défi de le faire; pour prouver qu’on était capable. Ça a nécessité pas mal de planification et tout. La première fois, on était à peu près 30 ou 40 personnes. On a minuté combien de temps ça nous prenait pour sortir les morceaux de char de la remorque jusqu’à la première porte de la Faculté et combien de temps ça nous prenait pour monter tout ça. Selon nos calculs, ça nous prend 30 minutes pour tout rapiécer. »

Des employés témoignent de politiques discriminatoires menées par leur employeur

par Simon Delattre

Le nom et le sexe des témoins ne seront pas révélés conformément à leur volonté. Il s’agit de les protéger professionnellement, de leur permettre de parler sans risquer de perdre leur emploi. Nous ne dévoilerons pas non plus le nom de l’enseigne à défaut de preuves écrites. Le but est de protéger le journal et le journaliste d’une éventuelle plainte pour diffamation.

Le Front a décidé d’enquêter suite au témoignage d’un/d’un(e) salarié(e) d’un magasin du centre commercial Champlain à Dieppe. Dominique (prénom modifié par l’auteur) explique que « le/la gérant(e) a mis un CV à la poubelle en disant que la chaîne n’emploie pas de personnes noires pour éviter les problèmes. » Notre témoin se dit « totalement outré(e) » par ce comportement : « c'est affreux. J'ai du mal à croire qu'il y a des gens qui puissent encore penser comme cela en 2012, et au Canada en plus... » Il nous sera impossible de déterminer d’où vient précisément la directive : « Je ne sais pas si c’est une consigne établie par la direction pour l’ensemble de la chaîne ou si ça concerne seulement notre magasin », nous dit-il. Par ailleurs, il n’a pas été possible de trouver un document démontrant que ce mot d’ordre est bien réel. Dominique le déplore : « on le sait, mais on ne peut pas le prouver, car il n’y a pas de preuve écrite, ça se fait sous la table ».

Le Front est ensuite allé à la rencontre d’une autre personne, ancienne assistante de la/du gérant(e) qui a changé de lieu de travail. Elle a confirmé l’existence de cette pratique : « Une personne de couleur a été refusée à cause de ça. Mon/ma supérieur(e) a expliqué que sa direction n’en voudrait pas. Est-ce que c’est vrai ou est-ce que c’est sa propre décision, ça je ne sais pas. » Une troisième source, employée du magasin elle aussi, a reconnu les faits, mais a refusé d’être citée.

Un cas isolé?
« La vérité, c'est qu'il y a probablement beaucoup de magasins dans Champlain (je sais avec certitude qu'il y en a deux) qui n'emploient pas les noirs », assure Dominique. Ce qui est certain c’est que tous les responsables de magasin à qui nous avons posé la question ont nié l’existence de cette politique.

Roger Boulay, directeur des services aux étudiants à l’Université de Moncton, estime que « cela existe certainement ailleurs, et aussi pour les offres de logement, car il y a des personnes racistes dans toutes les communautés. »

Une étude publiée en 2012 par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse montre qu’à compétences égales (éducation et expérience canadienne), les chercheurs d'emploi de la région de Montréal ont 60 % plus de chances d'être rappelés pour un entretien d'embauche s'ils ont un nom franco-québécois plutôt qu'Africain, Arabe ou Latino-Américain.

Que dit la loi?
La pratique est d’autant plus cachée qu’elle est socialement inacceptable, mais surtout formellement illégale. En effet, la loi de 1956 sur l'équité en matière d'emploi au Nouveau-Brunswick interdit la discrimination fondée sur la race, la couleur, les croyances, le sexe et l'origine ethnique. Elle s'applique à l'embauche et à l'emploi de toute personne.

Francis Young, agent de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick, nous dit dans quelle mesure la justice peut intervenir : « la plupart des plaintes sont réglées à l’amiable; tout est possible si les deux parties sont d’accord. Mais si la plainte ne peut être réglée, un tribunal est nommé et le tribunal détermine s'il y a eu discrimination. Si c’est le cas, il peut ordonner que des dommages-intérêt soient versés pour perte de salaire et souffrances émotionnelles. Pour mener une enquête, une personne qui se croit victime de discrimination au Nouveau-Brunswick (par exemple, une personne qui a postulé pour une poste et croit qu’elle n’a pas été engagée à cause de sa race) doit communiquer avec notre Commission et porter une plainte par écrit dans un délai d’un an après l’incident. Pour avoir gain de cause, il faut avoir des preuves à l’appui. »

Être « déchétarien », ou se nourrir dans les poubelles pour dénoncer le gaspillage

par Simon Delattre

Les freegans (déchétariens en français) ont opté pour un régime alimentaire assez particulier : ils préparent leur menu avec les produits encore comestibles trouvés dans les déchets abandonnés par les restaurants, les supermarchés ou les particuliers. Ils ont pour la plupart les moyens de faire leurs propres commissions ; leur choix de vie est avant tout un geste politique contre le gaspillage alimentaire et la surconsommation. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ce sont 1,3 milliard de tonnes de denrées comestibles qui sont gaspillées dans le monde chaque année. En France par exemple, nous jetons en moyenne 21 % des aliments soit 90 kg par an et par habitant.

Né aux États-Unis, le freeganism est lié à divers courants de pensée : écologisme, anarchisme, altermondialisme, anticapitalisme, partisans de la décroissance… Leur démarche s’apparente donc à une critique de la société de consommation. Sur le site « Freegans Station », nous pouvons ainsi lire « l'Argent est une valeur fictive instaurée par la société : cette société, en nous obligeant à payer pour vivre, parvient à conditionner et à contrôler des masses phénoménales d'êtres humains. »

Petit guide du glaneur
Dans leur lutte contre le gâchis, les glaneurs tombent souvent sur des produits encore intacts. Entre ceux à peine ouverts ou qualifiés de « non présentables », la plongée au plus profond de la benne peut parfois sauver des repas complets. Dans les restaurants, il est difficile d'estimer avec précision le nombre de plats servis si bien qu’une partie des restes finit systématiquement à la poubelle. Les sites d’associations freegans donnent de multiples conseils pour identifier la comestibilité des aliments et assurer leur conservation. Par exemple, les emballages « imperméables » ne doivent n’être ni percés, ni gonflés. Il faut évidemment être sélectif, bien laver les fruits et légumes, et cuire le plus possible les denrées. Beaucoup de produits sont suremballés, ce qui les protège dans la poubelle. La plupart d’entre eux peuvent d’ailleurs être consommés après la date de péremption.

Mais la cueillette n’est pas toujours facile, les conteneurs des grandes chaînes de distribution sont plus difficiles d'accès. Plusieurs utilisent des compacteurs afin de diminuer le volume de leurs déchets et leur facture de collecte. Certains établissements n’hésitent pas à installer des cadenas sur leurs poubelles, et d’autres y déversent même des produits toxiques (mort-aux-rats, javel) pour dissuader les glaneurs. Se nourrir à partir des déchets de l’Université de Moncton semble en tout cas être un vrai défi. En nous renseignant auprès du personnel du restaurant du Pavillon Taillon, nous apprenons que les surplus finissent dans une machine qui broie le tout!

La pratique est aussi très mal jugée, et les spéléologues des poubelles subissent bien souvent le regard accusateur des passants. Pourtant, cela n’est pas condamné par la loi. En effet, la Cour Suprême du Canada a déclaré le 9 avril 2009 qu'un citoyen « a renoncé à son droit au respect de sa vie privée quand il a déposé ses ordures en vue de leur ramassage, à un endroit où tout le monde avait accès aux ordures en question. » Les détritus sont donc du domaine public, une personne renonce à tout droit de propriété sur eux lorsqu’elle manifeste une intention de les abandonner.

Réunion du conseil d’administration de la FÉÉCUM : Les faits saillants

par Anthony Doiron

Les membres du conseil d’administration (CA) de la FÉÉCUM (Fédération des étudiants et étudiantes du campus universitaire de Moncton) ont voté l’échéancier FÉÉCUM 2013. Plusieurs dates importantes ont été confirmées.

L’assemblée générale annuelle de la FÉÉCUM aura lieu le 26 mars prochain au Coude à 11 h 20. Les mises en candidature pour les élections à la FÉÉCUM auront lieu du 4 au 15 février, la campagne électorale s’étendra du 15 au 24 février, et les suffrages seront collectés en ligne les deux jours suivants, soit les 25 et 26 février.

Un appui de taille pour les recommandations de la FÉÉCUM
Le vice-président externe de la FÉÉCUM, Alexandre Levasseur, se réjouit de l’adoption des 6 recommandations de la FÉÉCUM par le Forum de concertation des organismes acadiens du Nouveau-Brunswick de la SANB (Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick).

« On pourra dire que ce document-là ne représente pas juste la volonté des étudiants de l’Université de Moncton, mais de tous les membres du Forum de concertation aussi », dit-il.

Le Forum compte 29 organismes parmi ses membres, dont la Fédération des jeunes francophones du N.-B. (FJFNB), la Fédération des conseils d’éducation du Nouveau-Brunswick, l’Association francophone des parents du N.-B. (AFPNB), ainsi que l’Association des enseignants et des enseignantes francophones du N.-B (AEEFNB).

L’affichage francophone sur le campus
Patrick-Olivier Meunier, viceprésident interne des Arts, explique avoir reçu plusieurs plaintes d’étudiants concernant l’utilisation de l’anglais sur certaines affiches placardées sur le campus, telle la bannière de publicité Moosehead sur un des murs du café-bar le Coude, ainsi que le nom de certaines activités de la Coupe FÉÉCUM tel le Gameshow musical, l’Amazing Race et le Décathlon for Dummies. Les membres du conseil exécutif de la FÉÉCUM ont dit qu’ils se pencheraient sur la question.

Des tensions entre nos élus?
Hormis les multiples autres points discutés, celui qui suscita le plus de débats lors de la réunion fut le dixième à l’ordre du jour, soit « Souper de Noël », accaparant plus de 20 minutes du temps total des élus.

Pendant ce point, la viceprésidente interne de la FÉÉCUM, Karina Langis, vu juste d’adresser certains problèmes ayant trait aux relations entre elle et quelques membres du conseil d’administration. S’abstenant de nommer les personnes concernées, elle demanda aux membres s’ils avaient du « linge sale à laver » ou bien des « crottes sur le coeur ». Le tout dura environ une dizaine de minutes. Le Front s’est donc intéressé de savoir ce qui pouvait justifier une telle interpellation en pleine réunion.

Mme Langis explique qu’il existe des tensions entre certains membres du conseil administratif, mais sans préciser.

« [J’ai décidé de faire le point parce que] j’ai peur qu’à cause de quelques personnes du CA, on perdre notre esprit d’équipe. »

Elle confesse que son commentaire n’avait pas sa place en réunion.

« Parce que tout le monde était présent, j’ai cru bon d’en parler, mais c’était un manque de jugement étant donné que j’aurais pu parler à ces gens là à part. »

Lorsque questionnée à savoir si elle pensait que ces tensions affecteraient le travail du CA, Mme Langis préféra ne pas commenter.

Lutte dans une jungle étudiante

par Joey Couturier

Le Coude sera le théâtre d'un grand évènement sur le campus lors du retour en classe ce janvier. Si vous êtes familier avec la série populaire américaine « Survivor », vous serez donc heureux d'apprendre que la FÉÉCUM organisera sa propre version du jeu ici même sur le campus. Dix étudiants seulement seront sélectionnés afin de créer un groupe aux forces et personnalités variées.

Apocalypse ou non, les étudiants choisis tenteront de survivre pendant un total de neuf jours à l'intérieur du Coude avec l'obligation de se rendre à leurs cours sans la possibilité de quitter le pub sous aucun autre prétexte.

Le jeu consiste à diviser le groupe en deux tribus qui s'affronteront tous les jours pour une épreuve. La tribu perdante devra se rendre au conseil tribal et voter pour l'élimination d'un membre de son équipe, réduisant ainsi le nombre de participants. Ultimement, les deux tribus n'en formeront plus qu'une lors des derniers jours jusqu'à ce qu'un étudiant en ressorte vainqueur avec une bourse de 2000 $.

Cette activité n'est toutefois pas une première sur le campus; il y a un peu plus de dix ans, la FÉÉCUM avait organisé avec succès un « Survivor » ici à Moncton. L'activité avait reçu plusieurs éloges ainsi qu'un prix au Gala para-académique. Malheureusement, l'organisation n'a pas su garder son élan et l'année suivante a été un échec, mettant donc fin à la continuité du projet. Heureusement, la FÉÉCUM tentera en 2013 de faire revivre de palpitantes émotions aux étudiants avec cette télé-réalité à la sauce universitaire.

Vous êtes donc invités à assister aux nombreuses activités en lien avec Survivor Le Coude qui se dérouleront du 9 au 17 janvier lors des heures d'ouverture du Coude.

Quand l’Acadie se serre les coudes : 1 459 072 $ pour l’Arbre de l’espoir

par Karine Martel

La campagne de financement annuelle de l’Arbre de l’espoir s’est tenue le vendredi 30 novembre au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) de Dieppe. L’objectif de la campagne mise en œuvre par la Fondation de l’Hôpital Dr-Georges-L.-Dumont est de recueillir des dons afin de faire avancer les recherches et le traitement du cancer.

L’objectif financier de cette année était de 1,4 million de dollars, soit 200 000 $ de moins que l’objectif de l’année dernière. Au total, 1 459 072 $ de dons ont été comptabilisés en ce dernier jour de novembre.
Plusieurs campagnes de dons et de financement ont été faites par des étudiants de l’Université de Moncton dont des représentants sont allez porter un chèque d’une valeur de 28 164,93 $ au nom de l’Université. « Il y a eu des grosses levées de fonds comme le Party en vert, les Hommemoiselles, les Jammers de Kiné-récréo, le calendrier de science, des ventes de pâtisseries et d’objets promotionnels » explique Tiffany Raymond, co-coordinatrice de la campagne pour le campus de Moncton. « La somme a été amassée par les 3 campus, et 10 % des fonds amassés sont donnés par le recteur, une initiative qui avait été commencée avec Monsieur Fontaine, et reprise avec Monsieur Théberge », ajoute l’étudiante en psychologie.

SANB réticente
Le président de la Section Pointe-aux-Pères de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Roger F. Cormier, réitère avec ses réticences quant à la distribution des fonds amassés.

Monsieur Cormier juge que les dons remis par les résidents du nord de la province devraient retourner à cette même population. De plus, il considère injuste que la Société de Radio-Canada diffuse le Radiothon, contrairement aux autres fondations qui ne bénéficient pas d’une telle couverture médiatique.

Selon le président de la SANB Jean-Marie Nadeau, les différentes sections locales sont autonomes et ont droit à leur position. Il explique tout de même que la SANB provinciale se dissocie de ces propos. « Le dossier de l’Arbre de l’espoir ne fait pas partie de nos dossiers. Tous questionnements peuvent être légitimes, mais parfois c’est le ton avec lequel on se questionne, ajoute M. Nadeau. À la demande de la section Pointe-aux-Pères, on va tenter d’organiser des rencontres avec les dirigeants d’Égalité en santé en français et de l’Arbre de l’espoir,, puisqu’ici en Acadie on ne peut pas se permettre de se chicaner sur des sujets tels que le cancer. »

Division des dons
En terme de division, la majeure partie des dons, soit 55 %, va au Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard; 14 % vont à l’Institut atlantique de recherche sur le cancer, un autre 14 % va pour l’administration, 12 % vont à l’Auberge Mgr-Henri-Cormier et le dernier 5 % à la sensibilisation.

Le Centre d’oncologie est spécialisé dans le trainement du cancer et offre des services complets avec de la technologie avancée. Par année, ils traitent 1 700 nouveaux patients atteints de cancer, donnent 26 000 traitements de radiothérapie et 5 000 traitements de chimiothérapie.

L’Auberge Mgr-Henri-Cormier est un centre d’hébergement pour les patients du Centre d’oncologie. L’Auberge sert à loger jusqu’à 65 patients et 20 accompagnateurs du Nouveau-Brunswick nécessitant des traitements contre le cancer.

Selon l’Organisation mondiale de la santé de nombreux cancers sont en partie évitables. Il est possible de prévenir ces maladies en modifiant ses habitudes de vie.

Depuis ses débuts en 1989, la campagne de l’Arbre de l’espoir a recueilli plus de 15 millions de dollars.

Les peuples autochtones à l’honneur

par Yannick Nganhou

La galerie de l’Art de l’Université de Moncton était le lieu qui a abrité la cérémonie de lancement du Volume Les relations autochtones immigrants aujourd’hui dirigé par Sylvia Kasparian, professeure en Sciences du Langage au département des Études françaises. En effet, vendredi dernier des professionnels du domaine artistique, des enseignants de l’institution et quelques étudiants avaient répondu présents pour assister à cette première du genre sur le campus de Moncton.

Comment en est-elle arrivée là ? Sylvia Kasparian affirme dans son discours de présentation : « L’idée a germé dans ma tête à l’époque où on fondait le CAIIMM, Centre d’Accueil et d’Intégration des Immigrants Francophones à Moncton, actuellement CAFI. » Ce livre est donc un projet de longue date et un travail de longue haleine : ce qui explique les gouttes de larme et sa voix tremblante comme pour dire « Enfin ». C’est un ouvrage qui a vu la participation de plusieurs auteurs notamment celle du Chef Robert Joseph, directeur administratif de l’Indian Residential School Survivor’s Society dans l’ouest de Vancouver. Il est question dans ce livre de quelques réflexions et recommandations aux nouveaux immigrants sur et par la communauté amérindienne, première communauté accueillante du Canada.

Il n’était pas seulement question de discours et de livres, mais aussi de culture. Ainsi, les chanceux présents ont pu assister à une démonstration spirituelle et musicale. Donna Augustine, protectrice de la sagesse Mi’kmaq ayant spécialement fait le déplacement depuis Elsipogtog, a pu commencer la soirée par une prière protectrice et a à la fin inviter toutes les personnes présentes à se mettre en cercle pour un chant traditionnel secret d’intercession avec des paroles qu’on leur connait : on pouvait percevoir le sourire sur les lèvres de quelques-uns.

Un fin repas et quelques boissons exotiques étaient offerts aux convives. On a pu observer au buffet, du pain et une préparation culinaire de l’orignal à la façon Mi’kmaq. Dans un décor traditionnel, l’ambiance était bon enfant et les invités ont su apprécier la projection musicale des artistes Samian et Kashtin.

Chronique « Terre-Neuve surnaturelle » : L’accident

par Emily Briand

Les histoires d’événements surnaturels peuvent être très divertissantes. Il n’est pas nécessaire de croire aux esprits maléfiques pour apprécier le petit frisson qui saisit la base de votre nuque lorsqu’une panne de courant vous surprend en pleine nuit. Chaque semaine, Emily Briand, étudiante en 3e année au baccalauréat en science infirmière à l’Université de Moncton, tentera de nous faire vivre l’inexplicable en nous partageant des légendes de l’île de Terre-Neuve qui lui ont été racontées par des voisins, des amis et des membres de sa famille.

Karine aimait suivre sa mère lorsque celle-ci rendait visite à ses amies, surtout lorsque cette visite l’amenait à explorer les maisons et découvrir des petits trésors. Elle avait trouvé une chambre de machines à coudre une soirée, lorsqu’elle n’était plus capable de simplement s’assoir et écouter la discussion des femmes plus âgées. Lorsque sa mère et son amie étaient tellement concentrées sur la conversation qu’elles ne la remarquaient pas, elle se sauva.

Elle explorait la maison au premier étage, et découvrit une chambre avec seulement des vieux modèles de machines à coudre. Karine, qui aimait tout ce qui pouvait être dans la catégorie de l’artisanat, prenait le temps d’admirer ces machines curieuses. Soudainement, elle ressentit les yeux de quelqu’un sur son dos.
« Excuse-moi, j’explorais juste pis j’avais vu ces belles machines et… », s'excusa-t-elle en tournant vers la porte.

Par contre, il n’y avait personne là, malgré qu’elle avait toujours l’impression qu’il y avait quelqu’un de présent. Elle sortit sa tête de la chambre pour voir si quelqu’un s’était évadé, mais il n’y avait personne. Entendant toujours la conversation entre sa mère et son amie, elle était certaine que ce n’était pas eux.

Du coin de son œil, elle remarqua des escaliers montant au deuxième étage. Elle se sentait attirée vers eux, et doucement, Karine s’en approcha. Dès qu’elle mit un pied sur la première marche, la sensation d’être observée s’intensifia. Elle frissonna et une chair de poule se développa sur ses bras. Après quelques minutes de réflexion, pesant le pour et le contre d’un danger possible, elle décida de continuer à monter les marches.
Rendue au deuxième étage, elle se retrouva dans un couloir avec quatre portes. Une à la fois, elle les ouvrait. La porte qui était la plus proche d’elle semblait être la chambre d’une fille. Les murs étaient roses et Karine pouvait voir des poupées sur les étagères. Ensuite, la chambre à côté de celle-là semblait être celle d’un garçon. Les murs étaient bleus, mais contrairement à la chambre de la fille, les jouets d’enfance n’étaient pas ramassés; il y avait des cow-boys et des Indiens en plastique sur le plancher, comme si un enfant venait juste de finir son jeu. La troisième chambre était la chambre de l’amie de sa mère. Finalement, lorsqu’elle ouvrit la quatrième porte, il y avait encore des escaliers, et ceux-ci montaient au grenier. En ouvrant cette porte, elle ressentit un vent froid qui la repoussait légèrement. De plus, la présence qu’elle n’arrêtait pas de ressentir depuis la chambre des machines à coudre s’intensifia. C’était comme si l’air autour d’elle était épais et même collant comme lorsqu’il est humide, mais en même temps, le courant était froid.

Peu importe comment Karine tentait de se motiver pour monter ces dernières marches, elle n’était pas capable. Elle fut gelée là pendant plusieurs minutes, mais le courage lui manquait, et elle ferma la porte pour redescendre avec sa mère.

Lorsqu’elle fut plus âgée, elle apprit de sa mère que son amie avait eu deux enfants, et lorsqu’ils étaient jeunes, ils jouaient aux cow-boys et aux Indiens. Tragiquement, il y avait eu un accident : le garçon avait mis une corde autour de son cou pour prétendre qu’il se faisait pendre, mais la chaise qu’il était dessus avait manqué sous son poids et il s’était pendu pour de vrai par accident.

Le CAF : de la nourriture pour votre cerveau

par Karine Verdon

Si je vous parle du CAF, est-ce que ça vous sonne une cloche? Non, ce n’est pas une abréviation qui désigne une cafétéria quelconque. C’est le Centre d’aide en français! Le CAF existe depuis quelques années déjà, mais cette année, une transformation majeure a eu lieu. Dans l’optique de rassembler tous les services aux étudiants sous le même toit, on a créé le Carrefour de l’apprentissage, qui englobe plein de services offerts aux étudiants, dont le CAF. Le CAF est un service d’aide et de soutien aux étudiants qui éprouvent des difficultés avec leur français écrit. C’est un service offert à tous les étudiants du campus, pas seulement à ceux qui suivent des cours de français. Un jumelage est fait entre un étudiant aidé et un étudiant aidant pendant huit semaines et chaque semaine, une rencontre a lieu d’une durée d’environ 45 minutes. Au cours de ces huit semaines, l’aidé et l’aidant travaillent ensemble pour approfondir leurs connaissances de la langue française écrite.

Le CAF est situé au local 182 de la bibliothèque Champlain et est un endroit très propice aux travaux et à l’apprentissage. Des centaines d’outils de référence sont disponibles pour consultation; quelques ordinateurs avec le logiciel Antidote et la responsable du CAF, Cynthia Létourneau, est également présente pour répondre aux questions qui lui sont posées, de même que plusieurs tuteurs.

Le jumelage entre un étudiant aidé et un aidant est une expérience forte enrichissante autant d’un côté que de l’autre. Des liens d’amitié sont souvent créés entre ces deux personnes et souvent, se poursuivent bien au-delà des séances hebdomadaires. Il est très agréable de constater le progrès que font vos aidés au fil des semaines et voir la lumière dans leurs yeux lorsqu’ils comprennent enfin une notion tant méprisée et c’est l’un des plus beaux cadeaux qui soient. De plus, le sentiment de fierté que vous éprouvez à la fin des huit semaines est indescriptible.

À la session d’hiver, les inscriptions reprennent dès le début des classes. Le processus est bien simple. Il faut écrire un texte d’environ 200 mots qui explique les raisons pour lesquelles on désire s’inscrire au CAF et remplir un petit formulaire d’inscription avec un montant de 5 $. Le jumelage sera fait en fonction de l’horaire de l’aidant et de l’aidé. Pour devenir aidant, il faut suivre le cours FRAN/EDUC 3010 et les séances d’aide se font dans le cadre de ce cours.

Plusieurs nouveautés seront offertes pour l’année 2013. Une page Web sera créée pour donner plus d’informations à son sujet et des ateliers formatifs auront lieu et porteront sur de nombreux sujets tels que : l’aide à la rédaction, comment construire un résumé, des notions grammaticales, l’accord du participe passé, etc.

De nombreux étudiants qui fréquentent l’université ne sont pas au courant de ce service offert pourtant si utile. Le but premier du CAF n’est pas de faire de l’argent, mais d’offrir de l’aide et de l’encadrement aux étudiants qui en éprouvent le besoin. Ce qui est important de préciser, c’est que c’est un service qui est offert à tout le monde et qui apporte une très grande aide. Des tuteurs sont toujours présents pour répondre à vos questions et vous trouverez surement la réponse à vos questions. Si vous êtes à la bibliothèque Champlain et que vous avez un travail écrit à remettre demain, vous pouvez venir voir les tuteurs sans rendez-vous et ils se feront un plaisir de vous aider. C’est un service très utile qui pourra vous servir tout au long de vos études universitaires.

Les notes de 1re moitié

par Normand d’Entremont

Alors que la période d’examen commence sous peu, le dernier effort pour améliorer ou soutenir sa note finale de cours s’amorce. Au sport universitaire, la première moitié est maintenant terminée; certaines équipes ont déjà complété leur saison, alors que d’autres continueront après Noël.

Certaines équipes ont eu de bonnes surprises, d’autres ont plutôt connu la déception. Et comme c’est toujours le cas, la fin du premier semestre offre une bonne occasion à faire un bilan des équipes et de prévoir ce qui s’en vient. Dans l’esprit des examens qui s’approchent, voici des notes pour chaque équipe du Bleu et Or.

Cross-country : B
Le programme de cross-country des Aigles continue à se développer alors que 3 athlètes se sont rendus à championnat national cette année, soit Jérémie Pellerin, Dylan Hébert et Geneviève Dostaler. Les trois athlètes ont tous connu de bonnes performances à Western University. À noter que Pellerin était le 2e plus vite des coureurs du SUA lors de cette compétition.

Hockey masculin : C-
Après 16 matchs, les Aigles Bleus (7-6-3) se retrouvent en 5e position au classement du Sport universitaire de l’Atlantique (SUA), mais ce sont les 5 défaites consécutives pour finir la première moitié, dont les 4 dernières à domicile, qui sont inquiétantes. Après s’être rendue au championnat national l’année dernière, la troupe de Serge Bourgeois a seulement 3 victoires en 9 matchs à domicile. La pause des fêtes est très bien reçue; l’équipe pourra maintenant se redresser et s’apprêter à aller chercher des victoires importantes en 2e moitié.

Hockey féminin : B+
Pour la première fois depuis plusieurs années, Moncton (3e, 7-5-0) ne se trouve pas dans le top 2 du classement après la première moitié. Cela est notamment en raison de la montée des Tommies de St Thomas University comme force dans le circuit, mais également parce que les Aigles ont une formation très jeune. L’équipe essaye encore de trouver une cohésion parmi ces trios, et la deuxième moitié devrait ainsi donner une meilleure indication du progrès des filles.

Soccer masculin : C
On ne se le cachera pas, les Aigles avaient des attentes assez hautes cette saison, mais ont encore une fois été éliminés par les Tigers de Dalhousie University en quart de finale pour la 3e année consécutive. Dans sa première année en tant qu’entraineur en chef des Aigles, Angelo Jean-Baptiste n’a pas pu mener son équipe plus loin que le premier match de séries où Moncton a subi une défaite 1-0. Il sera maintenant intéressant de voir quels joueurs retourneront pour l’année prochaine.

Soccer féminin : B
Les Aigles Bleues ont subi un destin pareil à la formation masculine, subissant une défaite de 2-1 dans le match de quart de finale aux Huskies de Saint Mary’s University. Toutefois, la 4e position au classement a été la meilleure saison pour le Bleu et Or au soccer féminin depuis 2009. L’avenir est promettant pour les filles si elles continuent d’avoir de bonnes performances de Donya Salomon-Ali, la recrue qui a marqué le plus de buts pour tout le circuit.

Volleyball féminin : A-
Après avoir ouvert leur campagne avec 4 victoires consécutives, les Aigles Bleues ont perdu 4 de leurs 5 dernières rencontres, mais 3 de ces défaites étaient contre les équipes du Québec avec lesquels la majorité du SUA ont eu de la difficulté. Moncton demeure en deuxième position au classement, 4 points derrière Dalhousie, ces 2 équipes étant les seules avec des fiches positives. Le Bleu et Or a un bon noyau de vétéranes et tentera de tout mettre ensemble pour emporter le championnat en 2e moitié.

Hockey masculin : Deux autres défaites à domicile pour les Aigles

par Normand d’Entremont

La pause de mi-saison n’aura pas pu arriver assez vite pour le Bleu et Or.

L’équipe de hockey masculin de l’Université de Moncton a subi deux revers en fin de semaine pour terminer sa première moitié sur cinq défaites consécutives.

Les Aigles Bleus ont perdu 4-3 en prolongation vendredi contre les X-Men de St Francis Xavier University et sont ensuite tombés 5-2 samedi contre les Huskies de Saint Mary’s University.

La pause de mi-saison permet justement aux Aigles de prendre un recul et de réorienter leur concentration.
« Ça va faire du bien pour l’équipe à se regarder soi-même, entraineurs inclus, affirme l’entraineur en chef Serge Bourgeois. Nous ne sommes pas en mode panique encore, mais c’est sûr et certain qu’il faudrait jouer mieux que nous l’avons fait ces 2 ou 3 dernières semaines ».

Vendredi, les Aigles se sont trouvés à deux reprises avec une avance d’un but en 3e période, mais n’ont pas pu les maintenir et ont finalement perdu en prolongation lorsque Cory MacIntosh a l’a emporté pour les X-Men.

Kevin Charland, qui a été mis sur le premier trio avec Éric Faille et Guillaume Parenteau, a marqué deux buts pour le Bleu et Or alors que Raphaël Pouliot a également trouvé la cible. Josh Day, Jason Bast et Steven Kuhn ont également contribué pour St. F.-X.

« Nous avons joué trois bonnes périodes et nous avons pris plus de tirs, souligne le gardien perdant Adrien Lemay. Nous avons également eu de bonnes occasions de marquer et c'est dommage que le pointage se soit retourné contre nous ».

Samedi, la partie ne s’est pas bien amorcée pour le Bleu et Or alors que Saint Mary’s a marqué 2 buts dans la première moitié du premier tiers. Les Aigles ont répondu en première et cherchaient à l’égaliser en 2e en avantage numérique, mais ce sont les Huskies qui ont marqué en désavantage pour la deuxième fois dans la rencontre. Les visiteurs ont ajouté deux autres buts et les Aigles ont répondu une dernière fois, mais c’était trop peu et trop tard.

Selon Bourgeois, les Huskies voulaient le match plus que les Aigles.

« Ce n’était pas une question de système, c’était juste que Saint Mary’s voulait la rondelle plus que nous autres, lance l’entraineur en chef. Nous avons été très bons en avantage numérique toute l’année, mais ce soir nous avons accordé 2 buts en supériorité en raison d’un manque d’effort ».

Les Aigles (7-6-3) finissent la première moitié en 5e position avec 17 points, 8 points derrière Acadia University qui occupe le premier rang. Immédiatement au-dessus du Bleu et Or se trouvent les X-Men avec 20 points, alors que Saint Mary’s est 3e avec 23 points et l’Université du Nouveau-Brunswick est 2e avec 24 points.

Si les Aigles cherchent à améliorer leur classement, il faudra utiliser la pause pour mieux se préparer pour la 2e moitié.

« C’est le meilleur temps pour nous, les gars ont eu de grosses sessions et la pause va faire beaucoup de bien à tout le monde, surtout aux vétérans », ajoute Pierre-Antoine Dion qui a marqué son premier but en carrière universitaire. « Je pense que nous sommes une équipe qui se tient et nous allons sortir plus fort après Noël ».

jeudi 29 novembre 2012

Expérience musicale TD à l’Université de Moncton : L’ouragan Aoki-Dragonette sur le campus

par Karine Martel

Un concert d’une valeur de 300 000 $ (pour 3 spectacles) mettant en vedette Steve Aoki, Dragonette et Young Empires gagné sur Internet. Voilà ce qu’était le spectacle du vendredi 23 novembre.

Le spectacle a eu lieu dans le stade du CEPS et les portes ouvraient à 19 h : un spectacle qui commence tôt, qui finit tôt, et qui est sans alcool. La soirée s’est tout de même poursuivie au iRock.

Il est difficile de dire combien de personnes étaient sur place puisqu’aucun compte n’a été fait, mais il ne serait pas trop de dire qu’au moins 1000 personnes étaient dans la salle au moment ou Steve Aoki a commencé, vers les 21h50.

Le terme crowd surfing a pris tout son sens lorsqu’après l’épisode du bateau gonflable servant à faire du « bateau-surfing », un jeune homme s’est servi d’un matelas gonflable pour faire du crowd surfing debout!

En plus de fournir des éléments permettant de surfer sur la foule, Steve Aoki s’est également chargé d’écraser un gâteau sur le visage d’un amateur se trouvant à l’avant de la scène.

Les commentaires concernant le spectacle sont très partagés. Une chose est certaine : les fils d’actualités sur Facebook étaient remplis de statuts à propos du spectacle Steve Aoki.

Le son
Plusieurs personnes ont fait part de la mauvaise qualité du son comme étant un élément central de la soirée. Selon Joey Couturier, « la qualité sonore n’était vraiment pas adéquate pour l’ampleur du show ». Cependant, certains étudiants comme Sylvie Boulianne, étudiante en musique, ont vu la situation autrement. « Pour un free concert, c'était WORTH IT! Pour 0 $ j'ai pu voir Dragonette et Steve Aoki! Les sound guys ont fait leur possible avec le son, comme c'était au CEPS, dans un gym, c'est sûr que ça n'allait pas être la meilleure qualité. Moi, j'ai adoré ça. »

Un stade divisé avec quelques rideaux n’a pas la prétention d’avoir l’acoustique d’une église, quels que soient les ingénieurs sonores sur place. Reste néanmoins que certains étudiants se sont dits déçus. « La qualité du son était vraiment affreuse et c’est vraiment dommage parce que j’aurais vraiment voulu profiter de la chance de voir Steve Aoki en concert », explique une étudiante en communication.

L’ambiance
Des commentaires qui reviennent souvent sont également le peu de salles de bain, soit une de chaque sexe, pour une soirée où 2000 billets étaient à donner, ou encore l’absence de vestiaire.

Plusieurs parlent également du fait que la foule était « violente » vers l’avant. « Les artistes étaient bons, mais la crowd foutait la marde partout et la plupart d’eux n’étaient pas étudiants! Je voulais voir le show jusqu’à ce que je me fasse pousser partout » explique Josée LeBlanc, qui rajoute que : « la crowd était de la vrai rapace ».

Malgré tous les commentaires concernant le son et les toilettes, il est important de noter que les endroits à Moncton pouvant accueillir un évènement de cette envergure sont limités. D’autant plus lorsque le spectacle est organisé à peine quelques semaines avant l’évènement.

Revente de billet
Bien que le concert ait été affiché partout comme étant gratuit, certaines personnes ont profité de l’occasion pour se faire de l’argent de poche. « Ça faisait un boute que je cherchais pour un billet. Puis là il y en a qui les vendaient, ça fait que j’ai pensé, vu que c’est des billets gratuits, bien ce sera comme 10 ou 20 $, mais là ils envoyaient des messages sur Facebook pour dire que c’était 60 puis 70 $ du billet » partage Manon Robichaud, une étudiante à l’Université.

Kijiji a également été inondé d’annonces de billets à vendre. Le coût était en moyenne entre 15 $ et 45 $ par billet.

Quoique le concept du concours semble quelque peu utopiste, il reste que ce n’est pas tous les jours que d’aussi grandes têtes d’affiche viennent à Moncton, et encore moins dans le Centre universitaire de Moncton. « C'est sûr que y'avait des problèmes, mais quand même, c'était un FREE CONCERT!! On es-tu pas rendu proche de Noël, faut-tu pas être content de ce qu'on reçoit? », conclut Sylvie Boulianne.

Éditorial : Tricher ou ne pas tricher

par Danielle Bilodeau, rédactrice en chef

Dernièrement, la série documentaire de la CBC, Doc Zone, a fait le point sur ce qu’on appelle une épidémie de tricherie en Amérique du Nord. Selon leur sondage, la moitié des étudiants universitaires trichent, et 75 % de ceux-ci confient avoir triché au moins une fois pendant leur secondaire.

« Faking the grade » présente des témoignages d’étudiants, des professeurs et de professionnels sur la question de l’intégrité universitaire. Le bilan est sinistre; avec tant de jeunes qui se permettent de tricher pour augmenter leurs résultats, ceux qui ne trichent pas sont en désavantage et auront plus de difficulté à se démarquer de la moyenne. Après tout, ce n’est pas l’intégrité, mais la note qui ressort sur un bulletin.

Que faire alors? Les parents devraient-ils être plus stricts sur leurs enfants? Pourtant, pour certains c’est justement là où commence le problème. Les parents sont parfois les premiers à trouver des solutions pour les cours difficiles. Certains paient même des centaines de dollars pour qu’un étranger écrive la dissertation à leur jeune. Un des intervenants du documentaire expliquait comment il se faisait 50 000 $ par année à écrire des dissertations. On voit bien à quel point c’est un marché profitable.

Conséquences à court terme et à long terme
Lorsqu’on regarde les conséquences immédiates de la tricherie, on constate que c’est un risque qui en vaut probablement la peine. Les résultats scolaires plus élevés donnent droit à des bourses, à de meilleures opportunités aux universités de renommée, et moins de temps d’étude représente plus de temps pour s’amuser.

Par contre, il faut aussi regarder le big picture. Personne ne veut d’un médecin qui n’a pas les connaissances nécessaires, ou d’un avocat qui ne peut pas bien le défendre, ou même d’un enseignant qui ne sait pas ce qu’il fait. Par contre, je reconnais que tricher ne fait pas de quelqu’un un imbécile. Il en fait, toutefois, une personne malhonnête.

L’absence d’intégrité nous entoure partout. Les célébrités que nous voyons à la télévision, soit du sport ou du cinéma, sont soit en train de tromper leur partenaire, consommer des substances pour améliorer leur performance, ou participer dans des activités de légalité discutable. Il n’est pas surprenant de voir que les jeunes veulent imiter ces gens qui leur servent d’idoles. À force d’être entourés par la malhonnêteté, on vient à la trouver de moins en moins sérieuse.

Pourtant, l’honnêteté et l’intégrité sont deux des qualités les plus précieuses de nos jours. Les employeurs de partout cherchent des gens authentiques à embaucher, pas des tricheurs et des menteurs. Vos belles moyennes ne vous serviront guère lorsqu’on découvrira que vous ne les avez pas mérités.

Bien sur, ce ne sont pas tous les tricheurs qui sont découverts. Certains iront même leur vie entière sans jamais qu’on se doute de quoi que ce soit. Mais faites attention. Les élèves créent des méthodes de plus en plus sophistiquées pour tricher, mais les professeurs aussi.

Si vous choisissez de vous faciliter la vie pendant la période d’examen qui approche et de passer à la tricherie pour réussir, vous prenez un grand risque. Les conséquences sont sévères et c’est une action qui peut très bien vous suivre toute votre vie. Prenez plutôt le temps de bien étudier et bien comprendre votre matière. Qui sait, peut-être apprendrez-vous quelque chose d’intéressant?

Rencontre avec Brian Gallant, chef du Parti libéral

par Simon Delattre

Brian Gallant, âgé de 30 ans seulement, a été élu à la tête du Parti libéral du Nouveau-Brunswick le 27 octobre dernier. Il était vendredi à l’Université de Moncton, qu’il a côtoyé de longues années puisqu’il y a complété un baccalauréat en administration des affaires et finance et un baccalauréat en droit. Lors de son passage, il a accordé au Front une courte entrevue.

LF : Le premier ministre Alward a déclaré à Radio-Canada vouloir développer l’industrie du gaz de schiste dans la province de manière responsable. Le Parti libéral est lui officiellement pour un moratoire. Pourtant Frank McKenna, ancien premier ministre libéral et Francis McGuire, un autre ténor libéral, se sont dits favorables à l’exploitation du gaz de schiste. Alors est-ce que ce sujet fait l’unanimité au sein de votre parti?

BG : Monsieur McKenna et Monsieur McGuire ont expliqué que si on pouvait le faire de façon sécuritaire, ils seraient d’accord. Nous, au Parti libéral, pensons qu’un moratoire est nécessaire parce que si on développe cette industrie, il faut être certains qu’on a des règlements et une législation qui nous protègent. La seule façon de développer des lois qui protègent notre environnement et notre eau potable, c’est de comprendre exactement ce qu’est le gaz de schiste et la procédure pour l’extraire. La seule façon d’avoir plus d’information, c’est de prendre le temps de faire des recherches, d’écouter les rapports qui sont sortis et qui doivent encore sortir. Alors je pense que, comme il y a plusieurs personnes au Nouveau-Brunswick qui se posent des questions et de bonnes questions sur cette industrie, il est sensé d’attendre d’avoir davantage d’éléments pour faire une décision plus éclairée.

LF : Lors de votre élection vous avez dit vouloir travailler avec le gouvernement conservateur, comment envisagez-vous votre rôle de chef de l’opposition?

BF : J’ai dit très clairement que j’aimerais travailler, coopérer, collaborer avec le gouvernement actuel pour des solutions aux défis auxquels notre province fait face. Dans notre rôle en tant qu’opposition, nous avons à poser des questions et faire savoir au gouvernement lorsqu’on n’est pas d’accord. Mais je pense qu’on peut jouer un autre rôle, peut-être jamais vu, plus actif, plus positif, en amenant des idées et des solutions aux défis actuels plutôt que s’opposer à tout ce que le gouvernement fait.

LF : Quelle est votre analyse de la situation financière actuelle du Nouveau-Brunswick? Est-elle préoccupante? Y a-t-il un besoin d’agir?

BG : La situation est sérieuse. On était classé 57e sur 50 États et 10 provinces en termes d’accessibilité à l’éducation postsecondaire. Nous avons une dette de 10 milliards. Payer la dette est notre 4e plus grosse dépense. Les frais de notre système de santé coûtent 2,5 milliards de dollars par année. Les transferts du gouvernement fédéral baissent alors que ces frais augmentent. Beaucoup de jeunes quittent la province. Nous sommes l’une des deux seules provinces à avoir perdu des emplois en 2012. Si on veut garder les services importants pour nos communautés, il faut faire en sorte que la création d’emplois devienne une de nos priorités.

LF : Vous avez étudié ici; pourquoi l’Université de Moncton est-elle si importante pour la communauté francophone?

BG : Le rôle de l’Université de Moncton, c’est de permettre aux Acadiens et aux francophones du Nouveau-Brunswick, de l'Atlantique et d'autour du monde, d’avoir une éducation de qualité dans leur langue. Ça joue un rôle incroyable pour notre société et pour la communauté francophone. Ça joue un rôle incroyable au niveau économique pour la région de Moncton comme pour la province. L’Université est un pilier de notre société.

LF : Est-ce que vous lui devez quelque chose dans votre réussite?

BG : C’est certain que l’éducation qui m’a permis de faire ce que je fais aujourd’hui, elle est venue de l’Université de Moncton. Mes deux baccalauréats m’ont aidé énormément. L’expérience que j’ai eue comme président de la FÉÉCUM m’a apporté beaucoup dans la campagne que je viens de faire et dans mon travail à la tête du parti. Je suis très fier de dire que je suis un diplômé à deux reprises de l’Université de Moncton.

Échecs et espoirs

par Roby Gauthier

C’était la soirée du 21 novembre et il faisait déjà noir à l’extérieur. Une légère brise faisait frissonner, signalant l’approche de l’hiver. En entrant à l’intérieur de Rémi-Rossignol, on pouvait sentir une toute nouvelle atmosphère où régnait la réflexion. Cette atmosphère était ainsi, en fait, en raison des 19 participants de la simultanée d’échecs qui se trouvait au sous-sol de la faculté. Tous jouaient contre la même personne, Jean Desforges, professeur au Département de physique et d’astronomie de l’Université de Moncton. Cette activité, qui avait débuté à 18h30, avait pour but d’amasser des fonds pour l’Arbre de l’espoir et ce, tout en s’amusant. Pour la somme de 10 dollars par personne, des étudiants, des professeurs et leurs amis affrontaient Jean, qui promettait de donner 50 dollars à l’Arbre de l’espoir pour chaque partie perdue.

Mais, Jean Desforges n’est pas qu’un simple professeur, il est également le champion provincial d’échecs pour les années 2004 et 2008. De plus, il partage le titre cette année avec un autre joueur. Jean a aussi effectué beaucoup de compétitions depuis l’adolescence et il a déjà enseigné les échecs dans les environs de Montréal. Mais quel est son secret? Jean offre les conseils suivants aux débutants en échecs qui veulent s’améliorer : « Il faut lire. Il y a des livres pour débutants et pour avancés [à ce sujet]. Il faut lire ce genre de choses. Ça prend de la pratique, donc il faut jouer… en fait, jouer avec quelqu’un d’un peu plus fort que soi, c’est l’idéal pour s’améliorer. Si quelqu’un est trop fort, ça devient plate parce qu’on perd tout le temps », dit-il en riant.

Julien Légère, étudiant en physique, était chargé de l’organisation de l’activité cette année. « Je dois m'assurer qu’il y ait des courriels d’envoyés pour trouver des participants et ensuite il faut veiller à ce que l’argent se rende à l’Arbre de l’espoir. Il est aussi nécessaire d’être en contact avec Jean, et de s'assurer que tout est correct avec Jean. Aussi cette année on a essayé de trouver des commanditaires et on a préparé des posters », dit-il.

L’Arbre de l’espoir est une campagne qui permet la réalisation de projets dans le but d’aider directement les personnes atteintes de cancer et leur famille. « L’Arbre de l’espoir est une bonne organisation. Si vous avez la chance, faites un don », souligne Julien.

Marc Savoie, étudiant en physique, était l'un des participants à la simultanée d’échecs. Comme plusieurs autres qui étaient présents, il a pu jouer contre Jean pendant plusieurs heures. « Jean s’attend à tout. J’avais un plan, il l’a trouvé, j’en avais un autre et il l’a trouvé de nouveau », dit Marc en riant. Finalement, sur 19 parties, Jean en a perdu deux et en a égalisé deux. Soulignons que cette activité a lieu depuis 2008 et que l’année dernière Jean n’en avait perdu aucune.

Les Hommoiselles : la cause, l’intention et les LGBT

par Anthony Doiron

Lorsque vient le temps d’amasser des fonds pour l’Arbre de l’espoir, est-ce que tous les moyens sont bons?

Près d’une centaine d’étudiants et membres de la communauté universitaire étaient présents au spectacle des Hommoiselles, le jeudi 22 novembre dernier à la salle de spectacle de Jeanne-de-Valois à l’Université de Moncton. Le tout fut organisé et coordonné par des le conseil étudiant de la Faculté d’éducation. 375 $ furent amassés et tous les profits de cette soirée furent versés à la campagne de l’Arbre de l’espoir.

Le spectacle consistait en un faux concours de talent où des hommes, membres de diverses Facultés universitaires, se sont déguisés en femmes pour ensuite parodier des comportements efféminés dans le but d’amuser la foule et de générer des dons. La foule était majoritairement composée de femmes. Il n’y avait qu’à prêter l’oreille aux éclats de rire et aux applaudissements pour rapidement comprendre que le spectacle semblait plaire à l’auditoire.

Un spectacle qui dérange
Chantal Thanh Laplante, membre hors universitaire de l’association Un sur Dix, une association faisant valoir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) sur le campus de Moncton, explique que le spectacle l’a dérangé.

« Au travers des nombreuses personnes transgenres et transsexuelles que j’ai rencontrées, j’ai appris beaucoup sur les difficultés qu’ils doivent affronter. Pour eux c’est une nécessité de pouvoir porter le linge qu’ils veulent et maintenant on voit un spectacle comme ça qui rit du concept que des hommes ne peuvent pas porter du linge de femme», dit-elle.

Elle dit croire sincèrement que les organisateurs du spectacle l’ont fait avec de bonnes intentions, mais souligne que certains gestes peuvent avoir de conséquences très lourdes.

« Je trouve beau et admirable de voir des étudiants s’associer pour planifier et organiser des activités pour une bonne cause comme l’Arbre de l’espoir, mais en même temps, il faut être conscient et sensibiliser les gens au fait que des fois nos gestes et actions peuvent blesser des personnes, dit-elle. Je suis convaincue que leur intention était bonne, mais je crois que c’est important de s’informer sur le sujet pour être certain de ne pas blesser des gens. »

Un objectif rassembleur
La vice-présidente des activités sociales de la Faculté d’éducation et organisatrice du spectacle, Sabrika Savoie, explique qu’elle craignait quelque peu d’offenser des membres de la communauté LGBT, mais est tout de même allée de l’avant pour supporter la cause. Elle explique que le conseil n’a pas consulté Un sur Dix ou tout autre organisme revendicateur des droits des LGBT concernant la tenue du spectacle des hommoiselles.

Joel Godin, président du conseil de la Faculté d’éducation et hommoiselle gagnant de la soirée-bénéfice, lance une invitation à la communauté LGBT de se joindre à l’événement.

« S’ils [des membres de la communauté LGTB] se joignaient à nous pour le prochain spectacle, je suis convaincu qu’ils comprendraient pourquoi on le fait et aussi [mieux comprendre] l’ambiance derrière ça », dit-il.

Monsieur Godin réitère que l’intention était bonne.

L’ABBFA s’entend avec l’Université Sainte-Anne pour l’attribution des bourses aux étudiants français

par Simon Delattre

Qu’est-ce que l’ABBFA?
L’Association des boursières et boursiers France-Acadie (ABBFA), apporte depuis 13 ans un appui financier aux étudiants français désireux de venir s’instruire en Acadie. 29 bourses d’études d’un montant de 7000 $ ont déjà été distribuées depuis le lancement du programme, permettant aux jeunes bénéficiaires d’être exemptés des frais de scolarités canadiens.

L'ABBFA regroupe de nombreux Acadiens qui ont fait leurs études en France grâce au programme de bourses d’études France-Acadie créé par le gouvernement français. « Notre fond de bourse a donc été mis en place dans un esprit de réciprocité », explique Benoît Duguay, le président de l’organisation. Leur objectif était d’entretenir les échanges entre les deux populations et que la jeunesse d’outre-Atlantique puisse elle aussi venir enrichir la culture de la région. France-Canada Moncton s’est d’ailleurs associée au projet puisqu’elle s’est engagée à débloquer 500 $ supplémentaires pour le moins favorisé des deux boursiers annuels. L’ABBFA se finance grâce aux contributions de ses membres, mais aussi par les donations de plusieurs fondations (Fondation Harrison-McCain, Corporation Power du Canada, Fondation Famille-Imbeault, Banque Nationale du Canada, Placements Louisbourg). Le trésorier Maurice Rainville a annoncé que le fond, qui représente aujourd’hui environ 250 000 $, s’élèvera dans 4 ans à 400 000 $.

L’Université de Moncton et l’Université Sainte-Anne : « deux sœurs d’une même maison »
À l’occasion de son assemblée générale annuelle, l’ABBFA a signé dimanche au pavillon Leopold Taillon, un protocole d’entente avec l’Université Sainte-Anne. Située à Pointe-de-l'Église, elle est la seule institution d'enseignement postsecondaire de langue française en Nouvelle-Écosse. Cet accord permettra donc aux boursiers français de choisir entre les deux universités acadiennes du pays. « La Nouvelle-Écosse est une autre région de l’Acadie », rappelle Maurice Rainville, « nous ne privilégions aucune des deux, car l’Acadie est comme une maison, et ces deux universités sont comme les deux sœurs de cette même maison. » Allister Surette, recteur de l’Université Sainte-Anne, a profité de la réunion pour faire une présentation de son établissement. Celui-ci accueille 360 étudiants à temps complet, mais plus de 600 jeunes anglophones s’y rendent pendant l’été dans le cadre de son programme d’immersion en langue française. Si l’institution est de taille restreinte, elle n’en est pas moins dynamique : elle propose ses services à la communauté francophone dans 5 campus en Nouvelle-Écosse et s’est convertie à la transition écologique avec l’installation de panneaux solaires, d’une éolienne et d’une chaudière à biomasse. Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la stratégie de recrutement de l’équipe de direction, tournée davantage vers l’international. Le recteur espère ainsi que des Français viendront s’inscrit dans un des programmes proposés par l’Université Sainte-Anne.

Les étudiants, les événements sont une partie de cache-cache!

par Sarah Anne Grandisson

L’an dernier, l’événement des « Jammers du campus » réunissait, tous les mercredis, près de 150 étudiants, sans parler des dizaines de chanteurs solos ou en groupes qui passaient en audition pour décrocher une place sur la scène. Les vins et fromages et les mercredis d’humours faisaient fureur en rassemblant presque trois fois plus de monde que maintenant.

Les activités ne rassemblent plus autant de jeunes qu’auparavant. Où sont donc les étudiants? Le Front a approché plusieurs personnes sur le campus qui ne sont pas impliquées dans des conseils des facultés pour leur demander ce qu’ils pensent de la situation.

Bien sûr, il faut considérer que l’université a connu plusieurs changements bouleversants au cours de la rentrée 2012. Le plus important est sans aucun doute la fermeture du Café Osmose et du bar Le Tonneau et l’ouverture du nouveau du nouveau café Le Coude, un nouvel endroit qui semble fournir aux étudiants toutes les ressources nécessaires pour organiser de belles soirées, mais qui offre une ambiance bien différente.

« Selon moi, c’est en raison du changement de l’endroit. Avant c’était à l’Osmose et au Tonneau avec des nachos et de la bière (…) Mais ça dépend aussi de la fréquence des étudiants sur le campus. S’ils vont à leurs cours et repartent aussitôt chez eux, il est bien normal qu’ils ne voient pas de publicité », explique Marie-Josée Bernard, étudiante en dernière année en science politique.

Lorsqu'on a demandé aux étudiants pourquoi ils ne sont pas allés voir Lisa Leblanc, la FrancoFête et le spectacle « Jammers du campus » au cours des dernières semaines, près de la moitié ont répondu qu’ils n’avaient pas été mis au courant assez tôt. L’autre moitié indique que c’était par manque d’intérêt et de temps. Où est la publicité? Comment les gens s’informent-ils des événements?

« Je m’informe soit par Facebook, soit par les milliers de emails que je reçois. Je ne crois pas qu’il y avait un manque de publicité. Je n'étais simplement pas intéressé, et j'avais beaucoup de travail ces semaines-là », raconte Sam Flynn, étudiant de la Faculté des sciences.

Joanie Côté, étudiante en troisième année en Kinésiologie, résume bien le surdosage informationnel auquel les étudiants sont soumis : « Je reçois beaucoup de publicités à travers mes courriels, mais je ne les lis pas tous; il y a bien trop d’information et c’est trop long à lire. »

Il y a quelques semaines, les étudiants de l’Université de Moncton, précisément 4200 personnes, ont remporté un concert complètement gratuit avec Steve Aoki, Young Empire et Dragonette, gracieuseté de TD Bank. Les billets d’un concert de cette envergure se vendent, habituellement, à un prix abordable de 30 dollars pour un billet normal et 50 pour ceux qui veulent être VIP. Étant donné que l’espace du site était limité, le concert avait annoncé que tous les étudiants ne pourraient probablement pas y assister. Malgré la gratuité, la publicité effectuée et l’espace limité, le lendemain de la distribution des billets, il en restait encore des centaines. Il est à se demander pourquoi les gens ne s’arrachent pas les billets comme des petits pains chauds.

Cannabis – Partie 4

par Jessica Savoie

Les trois dernières parutions ont traité des effets positifs et négatifs de la consommation de marijuana. Nous avons traité de la dépendance, des répercussions sur le psychologique et le physique ainsi que les conséquences sur le physique.

Dans cette quatrième et dernière partie du dossier, nous avons laissé la voix aux jeunes étudiants universitaires. Un sondage anonyme a vogué sur le Net toute la semaine dernière, laissant place aux opinions et aux expériences vécues des étudiants. 78 personnes ont pris le temps de répondre, laissant des commentaires tout aussi intéressants les uns que les autres. Voyons ce que les jeunes ont à dire au sujet du cannabis.

La voix des consommateurs
Sur les 78 participants, 58 ont déjà consomment de la marijuana. Voici un résultat intéressant, démontrant qu’il y a près de trois fois le nombre lorsqu’on compare ceux qui ont expérimenté cette drogue de ceux qui ne l’ont jamais tenté.

Ce qui est intéressant aussi dans les résultats est la méthode utilisée la plus populaire. Comme le « bong » est une nouvelle mode, on aurait tendance à croire que c’est la méthode préférée des fumeurs. Cependant, le bon vieux joint est encore le grand gagnant avec 32 votes. On parle ensuite de la « pipe » en deuxième place, du « bong » en troisième et finalement les couteaux et l’ingestion (nourriture) à égalité.

Pour ce qui est des raisons qui poussent à la consommation, 30 personnes affirment utiliser le cannabis à des fins récréatives, 12 pour assouvir leur curiosité, 5 pour combattre l’anxiété, 2 pour des fins médicales et 9 pour des raisons autres que celles-ci.

Sur ces 58 consommateurs, seulement 4 affirment avoir développé une dépendance, comparativement à 46 qui disent non et 8 qui avouent ne pas être certains. Ce sont des chiffres intéressants si on prend en compte le nombre total des adeptes. De plus, 57 % d’entre eux affirment être totalement confortables avec leur mode de consommation.

Pour ceux qui croient que la consommation de marijuana entraine automatiquement l’essai de nouvelles drogues, cette hypothèse serait infirmée selon le sondage. Effectivement, 6 personnes seulement ont attesté pratiquer des drogues autres que la marijuana.

Pour ce qui est des coûts attachés à la consommation, 6 personnes seulement dépensent de 100 à 300 $ par mois.

Plusieurs ont laissé des commentaires à la suite du sondage. La plupart partageaient l’idée comme quoi la consommation occasionnelle du cannabis n’a rien d’anormal. Plusieurs affirment que la consommation régulière n’a aucune répercussion négative dans la vie des adeptes.

« Pour moi, la marijuana est comme la bière. Elle est illégale sur la route et en public, mais dans le confort de mon salon elle est appréciée à des fins récréatives de temps à autre », ouligne un des répondants.

Une petite partie n’est cependant pas de cet avis. Effectivement, quelques-uns affirment que la consommation de la marijuana est inacceptable. « Faut pas remplacer nos ambitions et nos passe-temps pour un high superficiel. C’est bien mieux de ressentir ce bonheur quand on accomplit quelque chose de bien nous-mêmes, étant sobre ».

Bref, les opinions seront toujours partagées à ce sujet. On peut quand même affirmer que la marijuana ne perd pas de sa popularité auprès des jeunes. Si on fait confiance au sondage, malgré le nombre considérable de consommateurs, 4 seulement affirment avoir développé une dépendance tandis que 6 affirment consommer d’autres drogues en plus du cannabis.

« Je pense que la société, à l’égard des drogues, est complètement ridicule et hypocrite considérant que se saouler la face au point d’être blackout drunk est acceptable, mais que consommer de la drogue pour aller en excursion dans la nature, c’est être un drogué sans avenir », souligne un répondant anonyme.

La voix des Aigles Bleus acclamée par ses pairs

par Catherine Dumas

Le 23 novembre 2012 avait lieu le lancement du livre « La voix des Aigles Bleus Tome 2 : 2000-2012 » à l’aréna J.-Louis-Lévesque. Ce livre, écrit par Euclide Gautreau et lancé dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de l’Université de Moncton, présentait une belle occasion pour démontrer que le sport universitaire est important dans la communauté acadienne. Cet amateur de hockey, qui est aussi l’annonceur maison de l’équipe de hockey des Aigles Bleus depuis 31 saisons, fait suite à son premier ouvrage « La voix des Aigles Bleus », qu’il avait publié en 2003. Au moyen de statistiques, d’illustrations, de photos, d’anecdotes et de portraits, il trace le parcours de l’équipe de hockey masculine depuis les années 2000 à aujourd’hui et ajoute, dans ce 2e tome, l’historique de l’équipe féminine des Aigles Bleues.

Acclamé de membres actuels et anciens du Bleu et Or, de ses amis, des collègues et de sa famille, celui qu’on surnomme la « Voix des Aigles » était très ému lors de ce lancement. Il déclara qu’il dédiait ce livre à sa petite-fille. « C’est la recrue de l’année en 2029! » enchérit-il? Trop émotif pour continuer, il affirma, avec humour, qu’il fallait qu’il reprenne ses esprits, car il avait une partie à annoncer juste après.

Fidèle au poste
En 31 saisons, Euclide Gaudreau n’a manqué que 2 parties de hockey des Aigles Bleus. Pour lui, le sport universitaire permet à plusieurs générations d’avoir un sentiment d’appartenance et d’être fières de leur communauté. De plus, grâce au progrès de ces équipes, l’Acadie rayonne à travers le Canada, ce qui fait, d’après lui, connaitre les Aigles Bleus et aide les entraineurs lors de leur recrutement. Le recteur de l’université, Mr Raymond Théberge, soutient que ce livre permettra ainsi de conserver le patrimoine sportif des Aigles.

Pour les filles de l’équipe de hockey des Aigles, c’est un progrès de voir une équipe de hockey féminine évoluée dans un livre. « En tant qu’Acadienne, je suis fière de faire partie de cette équipe et de jouer pour ma province! » affirme Élisa Savoie, native de Campbellton, #16 des Aigles Bleues. La gardienne de but, Émilie Bouchard, qui habite l’Ontario, ajoute que pour elle : « c’est touchant! C’est une grande étape dans une carrière de hockey de faire partie de l’histoire des Aigles ».

On pourrait dire qu’Euclide Gaudreau est un adepte jusqu’au bout. Malgré le fait qu’il doit rester impartial lorsqu’il annonce les parties, celui-ci nous a montré qu’il portait son chandail du Bleu et Or en dessous de sa chemise. « Il ne faut jamais dire jamais! » annonça l’auteur. On pourra peut-être attendre un 3e tome de « La Voix des Aigles ». Sinon, pendant ce temps, « La voix des Aigles Bleus Tome 2 : 2000-2012 » est disponible à la Librairie Acadienne.

Mondiale Solidarité : destination Cambodge

par Véronique LeBlanc

À l’ombre de Right to Play, Mondiale Solidarité est une organisation à laquelle des étudiants universitaires prennent part. Celle-ci fait directement affaire avec la Fédération des étudiantes et étudiants du centre universitaire de Moncton, la FÉÉCUM, et avec l’International Volunteer HQ (IVHQ). Cette organisation fait son possible pour assurer la sécurité des étudiants qui vont faire du bénévolat dans un autre pays du monde et pour assurer que les frais de voyages sont abordables.

Le but du voyage varie chaque année et peut être pour enseigner, donner des soins médicaux, etc. La durée du voyage peut également varier. Pascale D’Astous spécifie que les membres du groupe sont des gens grandement motivés, de tous les domaines, qu’ils « vont [au Cambodge] pour les bonnes raisons », et qu’ils aiment avoir un choc culturel.

Bénévolat au Cambodge
Cette année, un groupe de sept filles et cinq garçons sous la présidence de Jean-Michel Robichaud se regroupent pour faire du bénévolat dans un orphelinat au Cambodge. C’est un séjour de 4 semaines qui débute le 1er mai. Pendant leur voyage, ils auront la chance d’aller explorer les régions avoisinantes pendant les quatre derniers jours. Toutefois, quelques étudiants devront retourner au Canada une semaine plus tôt pour aller vivre un autre moment important : leur remise de diplôme universitaire.

Les bénévoles vont faire des tâches ménagères et autres en plus de jouer avec les orphelins pendant la semaine. Lors de leurs temps libres, l’étudiante en 4e année en psychologie, Pascale D’Astous, serait ravie de pouvoir aller voir « The Killing Field ». C’est l'endroit où a eu lieu le génocide organisé par le Khmer rouge qui a tué 25 % de la population entre les années 1975 et 1980. Elle aimerait également observer les réalités dans d’autres pays proches pendant leurs journées libres.

Collectes de fonds
Toutefois, ce voyage ne se pait pas du jour au lendemain. Puisque c’est un long processus pour accumuler l’argent, les 12 participants tentent de leur mieux de trouver des solutions. Jusqu’à présent, ils ont fait des cueillettes de fond dans les épiceries, de la vente de chocolat, du porte-à-porte et la vente d’un panier d’alcool qui sera tiré au début décembre avant la semaine d’examens.

Leur dynamisme de groupe est tout à leur avantage. Chaque personne a une tâche et un objectif pour la semaine suivante. En plus, ils offrent la chance aux commanditaires d’inscrire leurs logos sur une banderole avec laquelle ils vont prendre des photos lors de leurs voyages.

Toutefois, ce que déplore Pascale D’Astous est le fait que l’obtention des permis se fait très lentement. Il y a plusieurs projets qui sont en attente, parce que les contacts répondent lentement. De plus, elle souligne que dans les épiceries, toutes les occasions d’assister avec les sacs d’épicerie sont réservées d’ici mai 2013. Il est donc difficile de se créer de la visibilité.

Plus tard dans l’année universitaire, ils vont faire une récolte de jouets, de vêtements, de livres, et d’autres objets pour stimuler les apprentissages et les interactions des orphelins. Également, le groupe s’attend de voir une différence d’habitudes de vies, d’habillements et d’interactions lorsqu’ils seront présents au Cambodge. Avec un peu de recherche, on apprend que les femmes là-bas ont les bras et les jambes couvertes en public.

Le groupe de Mondiale Solidarité compte de différents membres que l’année dernière. Toutefois, pendant le mois de septembre, certaines filles qui ont fait partie du voyage au Kenya sont venues donner leur appui au groupe. Elles auraient bien aimé avoir un tel soutien lors de leurs phases de préparatifs.

L’année dernière : bénévolat au Kenya 2012
L’an dernier, un groupe de 12 filles est allé au Kenya pour faire elles aussi du bénévolat dans un orphelinat. La communication se faisait bien puisque quelques Kényans avaient eu la possibilité d’apprendre l’anglais. Elles sont arrivées équipées de sacs de hockey plein d’articles pour les enfants. La majorité des interactions avec les enfants se faisaient avec ceux qui étaient encore trop jeunes pour aller à l’école. Certaines filles du groupe avaient parfois des discussions avec les plus vieux, qui ne pouvaient pas payer les frais scolaires et devaient rester à l’orphelinat.

Miah Robichaud-Lorde explique qu’une journée typique débutait par un repas à leur hébergement dans la famille des directeurs de l’orphelinat. Ensuite, elles faisaient le lavage de vêtements dans le lavabo une fois arrivé à l’orphelinat. Pour les préparatifs du dîner, elles devaient trier le riz, préparer l’ugali et couper les légumes. Elles jouaient à différents jeux avec les enfants entre-temps. Puis elles leur préparaient également un souper. Elles soupaient une fois arrivées à nouveau à la maison de leurs familles d’accueil pour se nourrir.

Certaines filles ont eu la chance d’aller en safari, de faire de la plongée en apnée, de visiter un village Maasai où les habitants vivent encore dans des maisons traditionnelles, de négocier avec les marchands dans un marché à Nairobi, etc.

Il est évident que les filles ont été marquées par leur expérience et qu’elles ont des anecdotes et des souvenirs qu’elles vont se rappeler pendant longtemps. Miah Robichaud-Lorde souligne que leurs familles d’accueil ont été très gentilles pendant toute la durée du voyage. De plus, ces familles les ont même invitées à héberger chez eux si elles retournaient un jour au Kenya. Il est évidemment difficile de se préparer mentalement à l’arrivée au pays, et au retour au Canada. Parfois, il suffit d’avoir un choc culturel pour réaliser à quel point nous sommes chanceux.

Saviez-vous que… c’est le mois du diabète?

par Emily Briand

Effectivement, le mois de novembre ne représente pas uniquement movembre, mais est également le mois du diabète. Pour faire de la sensibilisation, le « Comité Saviez-vous que », un sous comité du conseil étudiant de Science infirmière, a préparé un kiosque et prenait des dons pour un enfant atteint de diabète le 19 novembre. De leur côté, le conseil étudiant de l’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales (ÉSANEF) en collaboration avec le Comité Saviez-vous que, ont préparé une conférence le 22 novembre, aussi sur le diabète.

Le comité Saviez-vous que est une initiative étudiante; ce sont eux qui préparent leurs activités et ils ont un professeur pour les encadrer et les guider. Les kiosques avaient présenté la maladie et ses complications et avait donné des informations et des collations santé, tout ce en ramassant des dons. « L’argent qui va être ramassé ici va aller pour acheter une pompe à insuline pour un petit enfant qui a le diabète de type 1 », explique Mélanie Bois, étudiante en 2e année de Science infirmière.

Contrairement à l’année passée, le comité n’est pas uniquement composé d’étudiants en Science infirmière. Sophie Harquail-LeClair, étudiante en 4e année de Nutrition et la vice-présidente sociale du conseil étudiant l’ÉSANEF en est membre. « On s’est décidé que les VP sociales de Nursing pis de Nutrition allaient travailler ensemble cette année, pis ceci c’est un de nos projets ensemble (…). On va toujours travailler ensemble [comme professionnels de la santé], vaut mieux de commencer maintenant », dit-elle en riant.

Du côté de la conférence, la présentation était préparée par Laurie-Anne Patenaude, étudiante en Nutrition et vice-présidente externe du conseil étudiant ÉSANEF. À la suite de la présentation, Josée Léger, étudiante en 2e année de Kinésiologie, avait parlé de son expérience, étant atteinte du diabète de type 1. Il y avait également un goûter santé préparé par Stéphanie Brideau, étudiante de 1re année de Nutrition.

Laurie-Anne a distingué les types de diabète. Le type 1 est caractérisé par l’insulinodépendance, c’est-à-dire que la personne atteinte aura besoin d’injections d’insuline pour survivre étant donné que la majorité des cellules productrice d’insuline du pancréas sont détruites. Dans le cas du type 2, il y a quand même une production d’insuline, mais pas assez ou le corps ne répond pas correctement à cette hormone. Ce diabète représente la grande majorité des cas, et est souvent relié aux mauvaises habitudes de vie. Le diabète gestationnel qui peut survenir pendant la grossesse avait également été traité, et Laurie-Anne avait parlé de comment prévenir le diabète de type 2 avec une mode de vie saine.

Après la présentation de Laurie-Anne, Josée à son tour a parlé de son expérience : « Moi j’ai été diagnostiquée quand j’avais 5 ans. Ça a été beaucoup difficile pour moi, parce qu’à l’âge de 5 ans, c’est ce temps-là que pas mal tout le monde se fait introduire aux petits bonbons et des chocolats, tu vois tous tes petits amis qui mangent ça… Pis là j’étais à l’hôpital pour une semaine, car j’étais diagnostiquée, pis quand j’avais réalisé que j’avais le diabète c’est car j’avais uriné au lit 2 fois, et mon père, qui est infirmier, a dit qu’il pensait que c’était soit une infection d’urine ou le diabète », raconte -t-elle.

3 ans après qu’elle ait été diagnostiquée, elle a reçu la pompe d’insuline qui a beaucoup amélioré sa qualité de vie : « Les 3 premières années que j’étais diagnostiquée, j’étais sur les seringues, les injections, (…) là j’ai été sur la pompe d’insuline. Ça c’est beaucoup mieux parce que je pouvais manger ce que je voulais pis t’as tout le temps un petit montant d’insuline qui va dans ton corps, donc ça comme règle beaucoup, mais avec les injections c’est comme : tu manges, tu te donnes de l’insuline, mais pendant la nuit t’as pas d’insuline, donc le matin quand je me réveillais mon sucre était haut, mais avec la pompe c’est beaucoup stabilisé », explique-t-elle.

« Je contais ça à quelqu’un cette semaine : quand elle venait jouer chez nous, pis on arrêtait prendre un petit snack, il fallait qu’elle calcule tout ce qu’elle mangeait, pis nous autres on n’avait pas besoin, pis ça semblait difficile parce que moi, j’aimais manger », témoigne Serge Landry, voisin d’enfance de Josée et président du conseil étudiant de Science infirmière.